Sur France 3, la justice entre réalité et fiction

dans Télévision

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Ce soir, France 3 diffusait Cour d’Assises. L’idée est d’assister à un véritable procès, celui d’un homme qui, soupçonnant sa femme de le tromper, a tué celui qu’il croyait être l’amant de son épouse. La chaîne présente le programme en disant que, exceptionnellement, la justice a accepté que le procès soit intégralement filmé. La promesse de vérité est donc très forte, il s’agit de dire la justice ordinaire, lorsqu’il est question d’une affaire extraordinaire.

Loin du documentaire de Raymond Depardon sur la justice du quotidien, ce film se penche tout d’abord sur la vie de chacun des protagonistes, ce qui peut être intéressant et acceptable, du point de vue de la narration. Pourtant, lorsqu’arrive le procès, et lors du récit des faits, on a recours à la reconstituion. Le meurtrier raconte sa version des faits, et la réalisation accompagne son récit d’images, reprenant le récit verbal.

Alors, on peut se demander pourquoi ce documentaire, qui prétend dire le vrai, la vérité, dans un « véritable procès », pourquoi ce besoin aujourd’hui, toujours et partout, d’avoir recours aux reconstitutions ? Les reconstitutions sont partout désormais. Dans les divertissements comme dans les documentaires, dans les informations comme dans les magazines, comme si c’était la norme. Mais ce n’est pas la norme. Le faux n’est pas la norme pour dire le vrai. Le récit télévisuel, aujourd’hui, ne se contente plus de la figure du témoin qui raconte son histoire, il faut toujours et encore reconstituer, et lorsque les reality-show, il y a quinze ans, ont mis le pied dans la porte avec les reconstitutions, c’est tout le discours télévisuel qui s’est ouvert à la forme de la mise en scène. Plus de place pour l’imagination, tout est dit et tout est vu. Et c’est regrettable.

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