L’île de la tentation, entre supplice, pornographie, plaisir et vulgarité…

dans Télévision

i

Le concept de l’île de la tentation, c’est comme mettre des types au régime sec, en leur présentant en même temps un hamburger – frites au milieu du Mac Do, c’est comme proposer une bonne bouteille à un alcoolique anonyme ayant récemment intrégré le groupe, ou poser un bol de brocolis devant une anorexique, bref, c’est un supplice.

Mais un supplice pour qui ?

. Pas pour le téléspectateur qui, ne peut, a priori, que s’amuser devant le spectacle de la bêtise, ou encore se rincer l’oeil sur de jolis corpus musclés.
. Un supplice pour des hommes ou des femmes trompées ? Non plus ! Qui croit encore à la réalité des pseudo-couples de cette émission ? Plus grand monde. Ces couples, vraissemblablement recrutés dans des discothèques, voire des boîtes de strip-tease, ne sont formés (et déformés) qu’à l’occasion de cette émission, toujours plus chaude d’année en année, et sponsorisée par durex.

En fait, l’île de la tentation est un programme pornographique soft, si l’on considère comme moi que le caractère pornographique des images et des sons ne se situe pas uniquement dans le gros plan d’un sexe en action. La pornographie peut s’insituer ça et là, entre le mensonge et les strings serrés, la vulgarité et les abdos bien huilés.

Hier soir encore, cette émission a rassemblé presque 4 millions de téléspectateurs pour 34,8 % de parts de marché. Pouquoi ces programmes connaissent-ils encore autant le succès ? C’est une question qu’on me pose souvent. Il me semble qu’il peut y avoir plusieurs éléments de réponse :
– Il y a le plaisir voyeuriste que l’on peut retirer à avoir l’impression de nous mêler de la vie de personnes que l’on ne connaît pas. Ce plaisir peut même être sadique, dans le sens où on aime voir les autres se faire du mal, se déchirer (même si on n’y croit pas vraiment). C’est le même plaisir que celui trouvé en regardant une fiction sentimentale.
– Il y a également la part de divertissement, dans le sens où cette émission peut être amusante, on en retire un plaisir ludique, on se moque des personnes y participant, on se prend au jeu en se demandant ce qui va se passer.
– On ne peut ignorer enfin le plaisir qu’il y a à voir, au delà des beaux corps, de belles images de plage, de mer et de vacances, « du bleu » enfin et surtout, si important pour faire de l’audience pour les médias de l’image. Le bleu invite à la rêverie, aux vacances, au plaisir, et permet de faire sortir de son quotidien le public entassé dans le métro en hiver, ou sur la plage du camping des flots bleus en été.

L’île de la tentation est un symptôme, c’est une émission qui en dit long sur notre société (de consommation), et c’est certainement là le principal problème. Et le vrai supplice.

A lire aussi

YouTube comme lieu d’expression du chercheur, l’expérience de « Des médias presque parfaits » et la question de la vulgarisation scientifique

Le 10 novembre dernier, nous avons participé au colloque « Youtubeurs, Youtubeuses » organisé par l’équipe de recherche Prim à l’université

En lire + ...

DMPP #7 – Médias, pourquoi il faut ABSOLUMENT s’en préoccuper ?

Il y a une urgence, celle d’une éducation aux médias pour tous. Les médias concernent chacun d’entre nous, et

En lire + ...

Migrants, la tragédie de notre siècle

Le sujet est dramatique et urgent, ils sont trop nombreux sur ce « putain » de bateau. Au plus près de

En lire + ...

Laissez un commentaire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Mobile Sliding Menu