« J’irai dormir à Hollywood », une autre idée du documentaire

dans Medias, Télévision

Depuis 2004, Antoine de Maximy présente la série documentaire « J’irai dormir chez vous », émission dont le principe est de partir seul, dans des endroits du monde où le présentateur-aventurier doit s’inviter chez quelqu’un pour manger puis dormir afin de mieux connaître le mode de vie et les coutumes du lieu. L’idée de la démarche est de filmer les gens qu’il rencontre au hasard, et la découverte du pays réside plutôt dans l’intérêt et l’incertitude des rencontres, ce qui éloigne cette série documentaire de ce qu’on peut voir habituellement à la télévision ou au cinéma. C’est bien la démarche qui compte, permise essentiellement par le processus filmique, car Antoine de Maximy n’est pas suivi par un caméraman, et qu’il utilise un dispositif particulier pour se filmer et filmer son environnement en même temps.

Cette fois, Antoine de Maximy s’est attaqué au grand écran pour un film intitulé « J’irai dormir à Hollywood », sur les grands écrans depuis novembre 2008. Le principe est le même mais en plus long, plus intense, comme les voyages aux USA d’ailleurs, lorsqu’ils passent par les longues routes du sud. D’Est en Ouest, il avance en marchant, en stop, en taxi, en bus, à vélo et même en corbillard. Il est difficile de rester indifférent face à ce film ou à la série documentaire. Tout d’abord parce que l’on voit ce que l’on n’y voit pas d’ordinaire sur les écrans. De « J’irai dormir à Hollywood », ressort une forme d’authenticité recherchée et très intéressante. Même s’il y a un montage (et jamais on ne prétend le contraire), ce document et si subjecitf qu’il tend à l’objectivité. Il porte en lui l’identité de son présentateur, comme si ce dernier était un scénariste qui improvise, un écrivain sans stylo, qui compose au fil de son humeur, muni de deux caméras. Ensuite, Antoine de Maximy est seul mais il réussi à installer une véritable complicité avec le spectateur, puisqu’il lui parle, lui explique ce qu’il va faire, non sans humour, au point de donner l’impression à ce spectateur qu’il est son compagnon de voyage, confident et même ami, celui qui se promène et découvre « avec ». Enfin, cette proximité dans les rencontres, ces récits de vie faits par les personnes découvertes au cours du voyage montre que les histoires ne s’épuisent pas, au fur et à mesure qu’on les raconte, que la vie réserve de drôles de choses, pour peu qu’on se laisse surprendre, et que les images et les sons, enfin les documentaires, s’ils ne sont pas la vie, peuvent en écrire l’histoire, les petites histoires, qui en dessinent une plus grande.

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