Le « drame d’Uckange » ou la précipitation médiatique

dans Medias, Télévision

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A mon réveil, dimanche matin, tandis que j’étais censée me détendre au cours d’un week-end rare, je zappais, en tentant de reprendre mes esprits suite à la soirée de la veille, et me demandais si j’avais (vraiment) trop abusé du champagne en entendant l’histoire : Un enfant de cinq ans avait, la veille, poignardé sa soeur de 10 ans parce qu’elle refusait de le laisser jouer au jeu vidéo. Voici qui vous rappelle cruellement à la réalité n’est-ce pas ? Mais comment est-ce possible ? Comment peut-on vivre dans une société dans laquelle un enfant de 5 ans poignarde sa soeur ?

Heureusement, la télévision était là, en ce dimance matin, pour répondre à mes interrogations matinales. C’était la psy-déferlante, et chaque chaîne avait trouvé un son médecin du dimanche matin pour leur parler. J’ai tout entendu :
– C’est la faute aux jeux vidéo,
– C’est la faute au cinéma,
– C’est la faute à la télé,
– Et aussi : tout ça en même temps et du coup : les enfants ne font plus la différence entre réalité et la fiction.

Allez hop ! hop ! hop ! La petite fille à l’hopital, le petit garçon au gnouf, et les psys nous ont bien rassurés, car chez nous, heureusement, c’est pas comme ça ma bonne dame ! Seulement coup de bol, il reste des professionnels et le médecin ayant effectué le diagnostic médical sur la petite fille a estimé que ces coups de couteau ne pouvaient avoir été portés par un enfant de cinq ans, sauf s’il avait été le fils de Chuck Norris. Et la petite fille, a son réveil, a confirmé que c’est bien sa maman qui a assené les coups de couteau.

Alors quoi ? C’est en effet toujours un drame, et on change de protagonistes, là n’est pas mon souci aujourd’hui. Je souhaite simplement attirer votre attention sur cette nouvelle précipitation médiatique : tout va trop vite, et il n’est pas question d’attendre les premiers résultats de l’enquête (24 heures suffiraient) pour parler ou faire parler : on demande alors à des psys d’interprêter un acte qui n’a pas existé et c’est grave. Pas question pour moi d’accuser une seule instance, mais bien de montrer que c’est le système qui a, une fois de plus, été trop vite : Flics, médias et psys, instances des rouages médiatiques qu’on n’arrive plus à freiner. Ce ne sont pas les enfants qui ne font plus la différence entre la réalité et la fiction, mais les adultes, qui leurs proposent un monde qui parle beaucoup trop vite.

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