L’Eurovision, un musée de la variété

dans Télévision

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Portugal, Croatie, Turquie, France, des « one points », des « twelve points », des robes kitschissimes à souhait, des brushings à faire regretter Jacques Dessange d’avoir fait coiffeur comme métier, c’est l’Eurovision, et c’était ce soir. Il s’agit d’un concours annuel et télévisuel, créé par la télévision Suisse en 1956. Cette émission de variétés est retransmise à travers l’Europe  et elle invite les téléspectateurs et un jury de professionnels à voter pour leur groupe ou leur chanteur préféré. Après des années d’échec cuisant, la France a décidé d’envoyer Patricia Kass au charbon. L’une des raisons de ce choix est que, comme Mireille Mathieu au Japon, Patricia Kass est une star en Russie, et c’est au pays des soviets que le direct se déroulait ce soir. Regard sur cette émission qu’on aime détester.

. Kitsch attitude. On a coutume de revoir les costumes d’Abba où d’autres groupes qui, dans les années 70, ont connu le succès. Du coup, on associe indéniablement L’Eurovision à son côté kitsh, ce qui n’est pas totalement faux. On oublie cependant que les strass et les paillettes sont des ingrédients de la variété populaire, et que ce style n’est pas forcément inhérent à cette émission en particulier.

. Une idée de la francophonie. France Gall, Lara Fabian, Céline Dion, Plastic Bertrand… autant de chanteurs qui ont chanté en français, mais pas forcément sous la bannière française. Ce qui frappe, dans les discours  médiatiques sur L’Eurovision, c’est combien nos compatriotes sont attachés à leurs représentants, et que ne pas gagner c’est forcément devenir un looser total, comme lorsque Zidane est français en 98, et algérien en 2006.

. Une émission d’aujourd’hui. Malgré les critiques, L’Eurovision est résolument une émission d’aujourd’hui. Elle est rythmée, assez rapide, avec un ton plutôt enlevé. Si on a l’impression que c’est une émission du passé, c’est certainement plus parce que le genre variétés est un peu épuisé, et que dans le fond, les chaînes proposent de moins en moins d’émissions de ce type. De fait, les téléspectateurs ne sont plus habitués à ce genre, qui a connu le succès à l’époque de Maritie et Gilbert Carpentier.

. Un ciment culturel et politique ? A quelques semaines des élections européennes, on a peu entendu, dans les discours médiatiques, de mise en rapport entre cette émission et le scrutin à venir. Pourtant, un tel programme pourrait justement servir de déclencheur à une réflexion sur l’Europe comme communauté de culture, comme lieu d’échange et de partage. Nous sommes avec cette émission face à une succession et non face à un tout. Dans le fond, L’Eurovision est le symptôme qu’en matière d’Europe, tout est encore à faire et à inventer.

Bien sûr, on pourra toujours dire que ce soir, c’était la nuit des musées, et qu’il fallait aller les visiter. Mais on peut aussi objecter que l’Eurovision, dans le fond, c’est le musée de la variété.

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