50mn Inside : Du people au fait divers, le cas du « meurtre au Bristol »

dans Medias, Télévision

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A priori, l’univers du people n’est pas celui du fait divers, sauf si des personnalités people sont impliquées dans des faits divers, comme ce fût le cas il y a quelques mois lorsque Daniel Ducruet (l’ex-mari de Stéphanie de Monaco et habitué de la presse people), avait agressé un paparazzi sur le plateau de Jean-Luc Delarue. A part dans ce genre de cas, rien à voir entre « Voici » et « Faites entrer l’accusé », et pourtant…

« 50min Inside » est une émission consacrée aux people. Elle est diffusée le samedi à 19 heures sur TF1, et se présente sur son site Internet comme « le magazine people de TF1 (…) décryptant la vie des célébrités françaises et étrangères. Ton caustique et rythme soutenu, « 50mn » Inside  offre un éclairage sur l’actualité de personnalités sous le feu des projecteur ». Mais ce qu’on peut constater, finalement, c’est que cette émission s’intéresse à un autre univers, celui du fait divers. Le 9 mai 2009, par exemple, on s’intéresse, entre un reportage sur Miss France et un autre concernant la romance entre Sophie Marceau et Christophe Lambert, à « l’affaire Maddie » en se demandant pourquoi les parents sont à nouveau accusés. Ce soir, le 6 juin, on se penche sur une histoire qui n’a rien à voir avec le récit people, il s’agit du meurtre d’une jeune femme polonaise , Kinga Legg qui a eu lieu à l’hôtel Bristol le 25 mai dernier. Ni la victime ni le meurtrier n’étaient des people, au sens où ils ne faisaient pas les beaux jours de la presse du même nom. Alors, pourquoi (et comment) une inconnue qui a connu un destin tragique fait-elle l’objet d’un reportage dans le magazine people de TF1 ? Tout d’abord, il s’agissait de personnes ordinaires qui ont connu un destin extraordinaire. Non seulement parce qu’il y a eu meurtre, mais aussi et surtout parce qu’il s’est déroulé dans un hôtel de luxe. En ce sens, Kinga Legg et son meurtrier représentent médiatiquement le rêve, mais surtout la  « descente aux enfers ». On explique que la jeune femme est « milliardaire », que son amant « a pris la fuite en porshe ». Par ailleurs, avant de passer sur TF1, le récit a pris naissance dans de nombreux médias : radio, télévision, et même Paris-Match, qui a consacré un papier à l’affaire cette semaine, avec le titre « meurtre au bristol », titre repris par TF1 ce soir.

Dans le reportage, on utilise des images d’archives de l’arrestation du meurtrier, ou du moins du lieu où on l’a trouvé. On voit aussi des images de l’hôtel Bristol, ainsi que des journaux de presse écrite qui relatent l’affaire. Ceux qui témoignent sont des policiers, mais surtout des journalistes qui expliquent ce qu’ils savent. Ensuite, on essaye de reconstituer l’histoire, toujours au moyen de la parole des  journalistes. Le tout est agrémenté d’images de reconstitution. On voit aussi des photos du couplable, accompagnées du récit de journalistes qui décrivent sa personnalité, idem pour la victime, avant de raconter les relations houleuses entre les deux amants : tout est là pour raconter une histoire aussi forte qu’un récit de fiction. On en arrive à la scène du meurtre, rejouée pour l’illustration. Les ingrédients sont réunis pour « une bonne histoire », comme on dit dans les médias.

Qu’y a-t-il comme différences entre ce récit et celui d’une émission comme « Faites entrer l’accusé » ? Plus rythmé et moins sérieux d’un côté, certes, mais on peut tout à fait imaginer que le « meurtre au Bristol » fera bientôt l’objet d’un numéro de l’émission de faits divers de France 2. Désormais, la frontière est mince entre people et fait divers et il apparaît que pour être un people, il suffit d’être passé dans les médias, même si c’est pour une affaire aussi grave que dans le cas présent. La célébrité, en ce sens, n’a rien à voir avec ce qu’on aurait pu faire dans sa vie, puisqu’il suffit de mourir…

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