Télévision et enfance, une question de responsabilité parentale

dans Medias, Télévision

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Hier, par le biais de Pierre Paperon sur Twitter, (@PierrePaperon),  j’ai lu les résultats d’une nouvelle étude de l’université de Washington, indiquant que la télévision allumée en permanence réduirait les capacités intellectuelles des enfants. Pendant deux ans, les conversations de 329 enfants ont été enregistrées à l’aide de gilets enregistreurs numériques. Le but était de comparer leurs échanges verbaux en fonction de ce qu’ils entendaient. Le résultat prouve qu’en restant devant une télévision allumée, l’enfant occulte un certain nombre de mots. De fait,  « ces résultats pourraient expliquer le lien entre l’exposition des enfants à la télévision et le retard dans le développement du langage ».

Pour ceux qui me connaissent, voici typiquement le genre d’étude qui me fait bondir. Faut-il enregistrer les conversations de ces pauvres enfants pour découvrir qu’il n’est pas évident de faire deux choses en même temps ? Est-il nécessaire de mettre des enfants dans les mêmes conditions de laboratoire que des souris pour réaliser que les livres permettent de mieux développer les qualités d’imagination et les capacités linguistiques que des programmes télé  ? Et de quelle télévision s’agit-il ? Il est bien évident qu’un enfant a des milliers de choses plus impliquantes et ludiques à faire que de rester planté une journée devant la télévision. Mais accuser ce média de tous les maux permet de se rassurer à moindre frais. « La télé freine le développement du langage, donc nous allons l’éteindre et file dans ta chambre ». C’est bien à la famille de considérer cette question des médias, sans se cacher derrière des études qui en montrent la nocivité, et sans laisser pour autant les enfants toute la journée devant la télé. Encore une fois, je plaide pour une meilleure connaissance des chaînes et des programmes, qui permette aux parents de choisir avec les enfants et d’éduquer leur goût en matière télévisuelle, comme on les éduque en matière de goût culinaire.

Enfin, on constate que souvent, la crainte arrive de la méconnaissance et mène à l’interdiction. Et interdire quelque chose à un enfant est bien la meilleure façon de lui donner envie de pratiquer en cachette. Selon moi, ce type d’étude ressemble à l’expérience qu’avait réalisée Morgan Spurlock pour son film documentaire  « Super Size Me ». En effectuant chacun de ses repas chez McDonald’s, l’auteur avait pris beaucoup de poids et dégradé sa santé. CQFD. Quand on veut tuer son chien… on dit qu’il a la rage.

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One commentOn Télévision et enfance, une question de responsabilité parentale

  • Tout à fait d’accord avec toi. Encore une confusion entre le média et les programmes. J’aimerais bien lire cette étude.

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