La ferme célébrités en Afrique, un produit médiatique presque parfait

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Une miss Paris destituée, un Mickael Vendetta, la sœur de Céline Dion, Surya Bonaly, Brigitte Nielsen, Frankie Vincent, Aldo Maccione, Adeline Blondieau et d’autres has-been qui n’ont même pas eu le temps de devenir célèbres, c’est le casting de La ferme célébrités en Afrique du sud, qui a débuté ce vendredi 29 janvier sur TF1. Présenté par Jean-Pierre Foucault et Benjamin Castaldi, cette émission, même délocalisée en Afrique, repose sur un format bien connu désormais, et sera certainement sans surprises. Regard sur une émission qui n’est en fait qu’un produit médiatique.

Le principe

Nous sommes loin désormais de la « télé-réalité » de 2001, telle qu’elle est arrivée en France. Tout d’abord, les candidats ne sont pas des inconnus. Non seulement ils étaient (plus ou moins) connus auparavant (par leur naissance, leurs frasques ou plus rarement leur carrière), mais aussi et surtout, ils ont soif de célébrité, ils en ont même besoin puisque bien souvent, ils n’ont pas (ou plus) de carrière. Par ailleurs, et contrairement à un programme tel que Secret Story, La ferme célébrités cherche à atteindre un très grand public, et s’adresse à la fois aux jeunes (Miss Paris) et aux moins jeunes (Aldo Maccione).

Que va-t-il se passer ?

Le casting a été réalisé pour que les candidats créent l’événement. Il ne pourra s’agir que de disputes, d’histoires d’amour ou de sexe. L’idée est que chaque candidat entre parfaitement dans son personnage et même le pousse à l’extrême, que la bourgeoise soit vraiment bourgeoise, le dragueur vraiment dragueur, comme dans une fiction télévisuelle qui ne souffrirait pas que l’on prenne le temps de la réflexion.

Il existe également une promesse d’évasion : il va falloir s’occuper des bébés zèbres, du bébé girafon, des autruches, des guépards, des crocodiles, le tout « coaché » par « Olivier le ranger », un type aux cheveux longs qui a l’air aussi « ranger » que moi. Olivier est une sorte de clone de Nicolas, le fiancé d’Hélène de la série Hélène et les garçons, mais qui fumerait des trucs illégaux.

Un décalage entre le luxe dans lequel on imagine que vivent ces « people », et la réalité d’un plateau qui nous raconte l’Afrique, et auquel vont devoir s’habituer les candidats (la douche où il faut pomper l’eau, la porte des toilettes qui ne ferme pas, etc).

Désormais, le ton est humoristique, et un programme tel que La ferme célébrités est d’abord une émission de divertissement.

La télé-réalité aujourd’hui

D’ailleurs, tant du point de vue de son esthétique que de celui du récit, La ferme célébrités est une émission dont le discours se rapproche de celui de la presse people. Il s’agit d’amuser à partir de la vie de personnages plus ou moins connus, de se moquer d’eux avec récit qui se situe entre le vrai et le faux, l’essentiel étant le plaisir qu’il y a dans le décalage et le voyeurisme.

Un programme tel que La ferme célébrités en Afrique constitue un produit médiatique parfait, dans le sens où l’émission de télévision procurera à la presse people des récits construits autour de personnages, des histoires toutes prêtes, et il lui suffira de broder autour. Le travail des médias people sera ensuite de trouver d’autres histoires, (sur le passé des candidats par exemple), ou d’en construire d’autres au fur et à mesure des semaines. Et n’oublions pas que les candidats eux-mêmes ont besoin de ce genre de produit médiatique pour exister.

Ce genre d’émission montre bien que les médias se répondent les uns les autres, en proposant aux téléspectateurs un divertissement régulier, mêlant le quotidien et une pseudo-aventure. La ferme célébrités est un format auquel sont habitués les candidats et les téléspectateurs qui suivent l’émission : rien d’innovant. Au mieux un produit efficace. Mais pouvions-nous espérer autre chose ?

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