« Vuvuzela ou vuvuzela pas….» par Christophe Dominique

dans Coupe du monde du Semioblog

La question qui agite l’Afrique du Sud tout autant que celle de la présence de Nelson Mandela à la cérémonie d’ouverture – aujourd’hui réglée puisque Madiba a annoncé hier qu’il assisterait à celle-ci malgré son âge avancé  (il aura 92 ans en juillet) – est celle du sort des vuvuzelas

La vuvuzela (dans le doute, j’ai décidé d’utiliser le féminin), sorte de corne de brume d’environ un mètre de long en plastique, est communément utilisée par les supporters de football en Afrique du Sud pour mettre de l’ambiance dans les stades. L’étymologie du nom vuvuzela est incertaine. Il pourrait venir du Zoulou, et signifier « faire un son vuvu » à cause du son « vuvu » que la vuvuzela émet. D’autres prétendent que ce nom est dérivé d’un mot d’argot des townships pour désigner une pomme de douche, à laquelle la vuvuzela peut faire penser du fait de sa forme. A l’origine en fer blanc, la vuvuzela est devenue populaire dans les années 1990. On dit que la vuvuzela est ancrée dans l’histoire africaine bien que son origine soit contestée : elle rappellerait la corne de Kudu (une antilope) qu’utilisaient les villageois pour convoquer une assemblée générale. Conformément à la croyance que l’on peut « tuer un babouin en faisant beaucoup de bruit », les supporters l’utilisent à en perdre le souffle lorsque la fin de la seconde mi-temps approche dans l’espoir « d’abattre » l’adversaire.

Pour « jouer » de la vuvuzela – peut-on vraiment parler de jouer quand on entend le son assourdissant qu’émet une vuvuzela ? – il faut faire preuve d’une certaine dextérité pour placer correctement ses lèvres sur l’embouchure et surtout avoir beaucoup de souffle. Déconseillé aux fumeurs et aux supporters ayant un peu trop bu. Pour palier ce problème et permettre aux néophytes de s’initier aux joies de la vuvuzela, on trouve depuis peu dans les supermarchés des « Mini horns », petits cylindres en plastique munis d’une membrane et qui émettent le même son que la vuvuzela sans le moindre effort.

Ceux qui ont lu ma chronique précédente savent que les chaussettes pour rétroviseurs sont à la mode…. Et bien, nous avons aussi des chaussettes pour vuvuzela, une pour chaque pays en compétition, et même des chaussettes pour chaque match avec les noms et les drapeaux des deux équipes qui s’affrontent lors du match…. Tous se faisaint une joie de montrer au monde la vuvuzela, du supporter au simple citoyen, sans oublier bien sûr les vendeurs de rue qui y voyaient une bonne aubaine d’augmenter leurs revenus.

Mais voilà, tout le monde n’apprécie pas la vuvuzela et la FIFA se tâte encore pour savoir si les vuvuzelas seront autorisées dans les stades. Les joueurs et les entraineurs sont inquiets de l’effet néfaste que cette objet pourrait avoir sur leur concentration, les responsables de la FIFA ont peur qu’elles se transforment en armes de guerre, c’est a dire en projectiles, et le Ministère de la Santė –  qui a évolué depuis la période où il recommandait l’ail, les patates douces et la betterave pour se protéger du HIV – est inquiet des dégâts que les vuvuzelas pourraient causer à l’appareil auditif. Le FIFA qui était prête à bannir ces instruments de torture auditive a dû faire marche arrière face aux protestations de la Fédération Sud Africaine de Football qui proclame que les vuvuzelas font partie de la tradition et qu’un match de football sans vuvuzela ne serait pas un match de football. D’autant plus que le sacrifice de vaches dans les stades avant les matches ont déjà été interdits ! A l’issue du match d’ouverture, la FIFA décidera s’il faut interdire les vuvuzelas ou distribuer des bouchons d‘oreilles à tous les spectateurs…. Quant aux téléspectateurs, j’espère que TF1 fera un effort pour atténuer le son des vuvuzelas, même si, à mon avis, elles émettent moins de décibels que votre télé lorsque les écrans publicitaires apparaissent et que le volume augmente sans que vous n’ayez touché votre télécommande.

Je reviens à l’instant de l’aéroport de Johannesburg – qui après 5 ans de travaux est devenu un splendide aéroport – où les supporteurs du monde entier sont accueillis au son des vuvuzelas… Le bruit est assourdissant et je ne sais pas quel sentiment envahit les supporteurs, qui aprés 10, 15 voire 20 heures d’avion se retrouvent assaillis par ce son si caractéristique des vuvuzelas, semblable au barrissement de l’éléphant disent certains. « Ke Nako» – «It’s time »

Christophe Dominique

Quelques mots sur l’auteur :

Christophe Dominique. Les hasards de la vie et de l’amour ont amené Christophe en Afrique du Sud pour la première fois il y a dix ans….. Il y a 5 ans, il décide de s’installer à Johannesburg, pour pratiquer son métier de consultant en management. Il a depuis peu la double nationalité Franco-Sud Africaine.

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