Le festival d’Avignon s’apprête à baisser le rideau

dans Fest. Avignon 2010

A la fin du festival, la ville d’Avignon est fatiguée. Le Off ne s’achève que demain soir, mais déjà la ville se vide doucement de ses festivaliers, et accueille d’autres touristes, ceux du mois d’août, qui sont venus pour visiter et remplir les terrasses des restaurateurs qui ont encore une bonne partie de l’été pour travailler.

Les artistes, les compagnies, comme la ville, sont également épuisés. Souvent satisfaits de leur festival, ils ont encore du mal à faire un bilan de ce mois de folie. C’est trop tôt. Il y a eu du public, des contacts, des rendez-vous pris pour être programmés ailleurs, car le festival off c’est d’abord la vitrine du théâtre, celle où les professionnels viennent chercher ce qu’ils vont pouvoir programmer sur leurs scènes.

Les avignonnais qui ont travaillé pendant le festival sont claqués. Qu’ils aient bossé dans un théâtre, pour des compagnies, dans des restaurants, dans des commerces ou ailleurs, ils n’ont pas connu d’horaires et ont oublié de dormir, préférant mettre leurs dernières forces dans un spectacle à voir ou un verre à prendre rue des Teinturiers au lieu d’aller se reposer.

Le festival d’Avignon, c’est comme un raz de marée. Il bouleverse tout d’un coup, et les choses finissent par rentrer dans l’ordre, mais pas immédiatement. Et même s’il est prévu à l’avance et qu’il est à refaire chaque année, il est toujours différent, « ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre ». Fait de rencontres humaines, de beaux moments de théâtre et de déceptions, il interroge toujours la question des représentations, il parle de la société telle qu’elle est et telle qu’on la voit.

Le festival d’Avignon, lorsqu’il s’achève, ne laisse pas le spectacle vivant dans l’état où il l’a trouvé en arrivant. Les affiches du off s’écroulent ou sont arrachées, mais il reste les images, les souvenirs, et la promesse d’autres moments de théâtre, aussi vrai que le temps s’écoule, assurément.

Virginie Spies

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