Vincent Roca au festival d’Avignon, pour l’humour des mots

dans Fest. Avignon 2010

Aller voir un spectacle qui parle du temps et ne pas regarder sa montre une seule fois, c’est déjà une bonne nouvelle.  Au début, c’est étrange : la scène présente des fuites d’eau, des bassines, on se demande si le théâtre du Bélier ne connaîtrait pas actuellement des problèmes financiers mais très vite, le décor fait sens. Il figure le temps qui passe, qui s’écoule inexorablement et quoi qu’on fasse.

Plus que d’être drôle, Vincent Roca (chaque jour au théâtre des Béliers à Avignon) fait réfléchir et il touche tout le monde : les jeunes comme les vieux, pourvu qu’on aime les mots et qu’on ait connu des maux. Certes la question du temps qui passe touche plus certainement ceux qui ont déjà un peu vécu, ou qui du moins ont eu le temps d’y réfléchir. D’ailleurs, le public de Vincent Roca ressemble à l’image idéale qu’on peut se faire du public de France Inter, qui n’est pas celui d’NRJ.

Oui, le temps passe, et le comédien s’en amuse avec un texte vif qui oblige le spectateur à ne pas lâcher l’attention une seconde, sous peine de louper une subtilité. Nous courrons tous après le temps, explique-t-il, on nous donne la vie, mais nous rendons l’âme. Nous connaissons des gens qui ne cherchent qu’à bien vivre, alors que personne ne pense à bien mourir. Et la musique… Si les silences après Mozart, c’est encore du Mozart, dit-il, les silences chez Clayderman, c’est de l’assistance à personne en danger. Vincent Roca laisse à son public le temps de rire, le temps de prendre du plaisir en laissant la chance aux mots de donner tout ce qu’ils peuvent donner, par un agencement malicieux.

Le spectacle de Vincent Roca reste léger, comme le temps qui passe, comme un souffle, une brise légère qui laisse de petites empreintes, entre rêve et réalité sur nous-mêmes et les autres.  Car, comme il le dit encore, « l’avenir appartient à ceux qui se rêvent tôt ».

Chaque jour, théâtre des Béliers à 12 h 25,  festival d’Avignon.

A lire aussi

Migrants, la tragédie de notre siècle

Le sujet est dramatique et urgent, ils sont trop nombreux sur ce « putain » de bateau. Au plus près de

En lire + ...

Les tambours de la vie

Au premier temps de la pièce, Adrien Lepage ne vit que pour une chose : la batterie. Il sourit. À

En lire + ...

« Avant que j’oublie », les liens qui nous lient

  C’est une jeune femme qui chaque dimanche va voir sa maman, C’est une maman qui est atteinte de

En lire + ...

One commentOn Vincent Roca au festival d’Avignon, pour l’humour des mots

  • Je crois bien que c’est le spectacle dont un des tracteurs (et non détracteur) nous a donné l’envie d’y aller, alors que nous n’en avions pas le « temps »… 😉

Laissez un commentaire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Mobile Sliding Menu