3 princes à Paris : Il était une fois… un échec télévisuel, par Mathias Alcaraz

dans Télévision

On s’y attendait un peu, les audiences n’ont fait que le confirmer : «3 princes à Paris », la nouvelle téléréalité que diffuse TF1, a fait un bide retentissant. Le pitch est plutôt simple, et cherche à jouer sur le « conte de fées » comme l’a indiqué le producteur de l’émission, Fabrice Bonanno, lors d’une interview le lendemain de la première diffusion le 9 janvier. Nous avons nos 3 princes, Tidjani l’africain, Yadvendra l’indien et Luc le polynésien. Venus à Paris « capitale de l’amour » nous annonce la voix off en début d’émission – pour trouver leur princesse, la production leur mitonne un début de scenario, pour relier l’ensemble il faut l’avouer un peu décousu.

La première diffusion de « 3 princes à Paris » est un échec, qui semblait annoncé, ne serais-ce que par la position de TF1. Diffusée le dimanche, avant 7 à 8, l’émission est très mal placée, et on a peine à croire que son objectif est d’aller faire de l’ombre à Michel Drucker. La première chaîne a fait le strict minimum pour annoncer l’émission de dating, avec une bande annonce peu retransmise.

Les pontes de TF1 ont-ils senti le flop arriver, et est-ce pour cela que le soldat « 3 princes à Paris » est laissé à l’abandon, cantonné à une diffusion en catimini ? Peut être, car les raisons de son échec sont nombreuses, au-delà même de la faible publicité crée autour du lancement du pilote.

Pourquoi ça ne marche pas ?

« 3 princes à Paris », c’est l’après « Qui veut épouser mon fils ?», et disons le clairement, il est difficile de passer après un tel mastodonte médiatique. Là où le délire mère-fils proposait des personnalités charismatiques comme Giuseppe, « 3 princes à Paris » ne contient aucun personnage dépassant le degré de charisme d’une huître.

Les personnages sont creux, et presque en toc. De la tenue traditionnelle au nom, le prince Luc fait presque aussi faux que les seins d’Angie de Secret Story.

Le producteur voulait du conte de fées. Force est de constater que le programme n’en est pas un, et que niveau confort princier, on peut faire mieux qu’une case ou une cabane au bord de la mer. Les princes sont peut être de sang royal, mais on est tout de même loin de la vie de château à l’occidentale. Epouser un prince et le suivre dans son carré de béton en inde, ça ne fait pas rêver la ménagère, chez qui TF1 a enregistré ses plus mauvais scores depuis longtemps. Vouloir vendre du rêve et ne pas tenir ses promesses, voilà qui a sans doute joué en défaveur des 3 princes.

Un aspect à ne pas négliger est le contexte : il y a en ce moment en France un après débat sur l’identité nationale et l’immigration. TF1 joue la carte exotique, presque colonialiste. Proposer une télé-banania où des étrangers viennent choisir des françaises pour les emmener dans leur pays, c’est plutôt limite. Pour créer du scandale, les producteurs pourraient tirer sur cette corde. Cependant ils préfèrent celle des Visiteurs, en se moquant gentiment des autochtones découvrant le luxe occidental. C’est un choix.

En parlant de scandale, l’ensemble est mou : absence de clash, de sortie fracassante dans la presse… Il n’y a pas non plus de perles à tweeter. Sans l’appui des réseaux sociaux l’essor de l’émission est incertain. Mais ce n’est pas le seul problème : les princes sont dans leur pays, alors comment les interviewer facilement ? La presse people pourrait bien bouder « 3 princes à paris », et un programme dans presse people, c’est comme une pizza sans fromage : ça passe, mais ça ne case pas des briques.

TF1 a sans doute bien compris ses points noirs. « 3 princes à Paris » ressemble à une émission que l’on diffuse pour se dire que l’on n’a pas dépensé autant d’argent pour la laisser dans un tiroir. A voir si le public se réunira pour juger de l’épisode 2, samedi matin à 10h15.

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