Il était une fois… Un conte de fées entre un rocher et des médias

dans Culture et Société, Medias, Presse people

Il était une fois, dans un tout petit royaume, un prince bien seul qui cherchait une princesse digne de ce nom.

En 1955, une star de cinéma appelée Grâce, visite, sur une idée de la presse, le royaume du jeune prince Rainier. Il lui fait visiter son palais et ses jardins, sous l’œil attentif des objectifs. Et comme la vie parfois est bien faite, ils tombent éperdument amoureux.

Ils se marièrent…

Ils se marièrent en 1956, sous l’œil de nombreux photographes et en compagnie d’un bon nombre de stars. Monaco se retrouve à la Une des magazines du monde entier : la princesse apporte sa notoriété au rocher, jusqu’alors inconnu du grand public mondial. Ils sont jeunes, riches et beaux, et en plus, ils s’aiment. Les photos sont belles.

Ils eurent, évidemment, beaucoup d’enfants, et livrèrent alors aux médias les belles histoires de leur vie. Le bonheur se montre, les premiers pas de la petite Caroline, les jeux d’Albert leur deuxième enfant, promenades en bateau, c’est un conte de fées encore plus beau que Cendrillon ou La belle aux bois dormants.

… et eurent beaucoup de problèmes

Et puis, les enfants ont grandi, et ont commencé à vivre des vies de personnes de leur génération : Caroline est amoureuse d’un célèbre champion de tennis, puis d’un acteur très connu, Stéphanie est avec Paul Belmondo, puis Anthony Delon, et enfin avec son garde du corps. A cette époque, la petite dernière flirte même avec les variétés, en commettant des chansons qui n’ont rien à envier à l’univers musical des Musclés. Et il y a eu bien sur les infidélités de Daniel Ducruet, le garde du corps, avec une stripteaseuse, dont les photos ont fait le tour du monde… Du scoop, du scoop, du scoop ! De ce côté, le prince Albert n’est pas en reste, avec ses multiples histoires d’amour, et ses deux enfants cachés, qui ne le restèrent pas très longtemps.

Au-delà des histoires de cœur, il y eu également les deuils : la mort, en 1982, de la princesse Grâce dans un accident de la route, ou le décès de Stefano Casiraghi 8 ans plus tard. Autant d’histoires dramatiques qui furent extrêmement médiatisées.

Un conte de fées, mais en vrai

Le succès de la famille princière dans les médias, et donc sa notoriété mondiale, sont dus à plusieurs choses : Une histoire de princes et princesses qui fait rêver, une star de cinéma américaine, un prince qui bâtit un empire moderne, de l’argent, de l’amour, des enfants, mais aussi beaucoup de malheur. Entre rêve et réalité, les histoires vécues par la famille Grimaldi ont toujours mêlé bonheur et malheur, de quoi proposer des rebondissements, dont les médias sont friands. Même les contes de fées les plus célèbres ne peuvent rivaliser face à des histoires aussi fortes en émotions.

La famille de Monaco représente à la fois le rêve et la « vraie vie », la vie au palais ainsi que les malheurs. De fait, c’est un conte de fées ancré dans le réel, et c’est ce qui fait que cette histoire est susceptible d’attirer le public.

Ils se marièrent…

Il était une fois une histoire d’amour, entre une famille princière et des médias. Plus de 200 couvertures de Paris-Match et des milliers de couvertures de magazines people plus tard, en fin de semaine, le rocher offrira un nouveau récit aux médias. : celui d’un mariage princier, entre le prince Albert et Charlène.

Ils se marièrent, et eurent beaucoup d’enfants. C’est probable, mais ce n’est pas certain, et c’est d’ailleurs ce qui rend la vie bien plus intéressante que les contes de fées, on n’est jamais sûrs de la fin.

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2 commentsOn Il était une fois… Un conte de fées entre un rocher et des médias

  • Tu as compté toutes les couv’ de Match? Est-ce qu’il y en a autant (en proportion) avant 1982 ou après? L’histoire du malheur ne paie-t-elle pas plus que l’histoire du bonheur, la catastrophe que le conte de fées?

  • Non, je n’ai pas compté André, je me fie à un documentaire diffusé cette semaine sur France 5. Sur la question du malheur et du bonheur, il me semble que l’un de va pas sans l’autre, et que si les récits du malheur font vendre du papier, ce sont les images du bonheur qui font vendre, surtout dans la presse people. Par exemple, pour « surfer » sur la mort de Gregory Lemarchal (gagnant de la Star Academy), la presse est très vite repassée sur des images heureuses, des couvertures à la plage, d’anciennes photos du bonheur, ou des images gaies de sa compagne. En fait, la presse people en France s’achète beaucoup depuis les couvertures (achat impulsif), et ils ont donc besoin de mettre (dixit un directeur de magazine), « du bleu et de la peau »…

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