Festival d’Avignon, « Ces spectacles que je n’ai pas vus », par Cécile Guthleben

dans Fest. Avignon 2011

Pendant le mois de Juillet, le Semioblog vous invite au festival d’Avignon. A la veille de la clôture du festival Off, Cécile Guthleben nous parle des spectacles qu’elle n’a pas vus.

Avant même de mettre un pied sur le quai de la gare d’Avignon, j’avais du m’y résoudre. 1200 spectacles en cinq jours, ça n’allait pas le faire. J’ai eu beau tenter de tourner le problème dans tous les sens, imaginer enchaîner les pièces toutes les trois heures de 9h25 à minuit, rien n’y a fait. Ca ne fonctionnerait pas. Du coup, il a fallu faire des choix. Il y a donc des spectacles que je n’allais pas pouvoir voir.

Les spectacles dont le titre ressemble à une blague de Jean-Marie Bigard. En feuilletant le programme du OFF, certains titres vous font l’effet d’une bombe quand ils vous sautent aux yeux – enfin, vous je ne sais pas, mais moi oui. J’en viens même à me demander qui sont les gens que des titres comme « Le point G de la chatouilleuse », « Ma femme me prend pour un sextoy » ou « Ma voisine ne suce pas que de la glace ! »  attirent. Non, vraiment non, c’est contre ma religion. J’ai déjà du mal avec Feydeau, alors le succès du Paris qui fête sa 1200ème représentation, ce sera sans moi. Je crois que même si on m’offrait de l’argent, je refuserais toujours. Seul point positif : ces spectacles ont le mérite de faire un premier tri dans ma sélection.

Les spectacles qui ont imaginé une chouette parade et qui, pourtant, ne me feront pas venir les voir. Alors que certaines compagnies se contentent d’embaucher trois jeunes pour filer des tracs rue de la République, d’autres rusent d’imagination pour attirer le théâtreux dans leur salle. Extraits du spectacle, chants, danses, performances, blagues ou drague tout y passe. Oui, certaines parades sont drôles, mais malgré tout, je n’irais pas les voir. Je n’aime pas Brel, alors même si les comédiens de « Ce soir j’attends Madeleine » me filent des bonbons, ils ne réussiront pas à me convaincre. Car oui, on peut être séduit par la pub et pourtant n’avoir toujours pas envie d’acheter le produit. Désolée. Les filles qui se déshabillent pour promouvoir leur spectacle « féministe », là non plus, ça ne marche pas avec moi. On ne doit pas avoir la même notion du féminisme.

Les classiques « populaires ». C’est peut-être mon côté intello, ma part d’ombre de bobo ou des mauvais souvenirs de collège, mais quand je suis à Avignon, je n’ai pas du tout, mais pas du tout, envie d’aller voir un « Malade imaginaire » ou les « Fourberies de Scapin ». Je suis désolée pour les compagnies qui bossent pendant plusieurs mois, leur spectacle est peut-être génial, mais là encore je passerai mon tour. Va savoir pourquoi, à Avignon j’ai envie de découvrir des choses. Des auteurs inconnus, des spectacles de clowns alors que je crois détester (clic, clic, clic). J’ai envie de prendre des risques. Sur 1200 spectacles, je suis d’humeur aventureuse.

Les spectacles que j’aurais bien voulu voir… Mais qui affichent toujours complet. Ça, c’est un peu la loose. Trouver un spectacle dans le programme qu’on a très envie de voir, s’aménager un emploi du temps dans lequel il pourrait entrer, appeler la salle et entendre « Désolé madame, c’est complet ». C’est moche, surtout quand il s’agit d’un classique qu’on se décide enfin à aller voir, comme « Les monologues du vagin ». Mais bon, une fois, ça va. En revanche, quand pour un deuxième, puis un troisième spectacle c’est la même chose, ça devient vraiment très frustrant. Surtout quand on a que cinq jours. Cinq jours.

Note pour 2012 : Etudier le programme avant d’arriver… Et rester plus de cinq jours. A l’année prochaine !

Cécile Guthleben.

Quelques mots sur l’auteur :

Cinéphile à la plume vengeuse Cécile Guthleben n’hésite jamais à faire part de ses coups de coeur et de ses coups de gueule. Alsacienne d’origine, Parisienne d’adoption et Avignonaise de coeur, elle saute dans le TGV dès qu’une occasion se présente pour rejoindre les rives du Rhône. Vous pouvez aussi la suivre sur Twitter ici : Clic, clic, clic.

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One commentOn Festival d’Avignon, « Ces spectacles que je n’ai pas vus », par Cécile Guthleben

  • bien vu – moi j’ajoute les mauvais souvenirs de clims agressives dans des salles où se jouent des trucs que j’irais bien voir
    (pour la première catégorie éliminée d’entrée, c’est assez facile, elle est regroupée dans quelques lieux, le seul problème est de franchir les queues devant (rue des Lices par exemple)

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