Festival d’Avignon « Paris-Avignon, aller-retour » par Cécile Guthleben

dans Fest. Avignon 2011

Pendant le mois de Juillet, le Semioblog vous invite au festival d’Avignon. Aujourd’hui Cécile Guthleben nous livre un texte sur les impressions du festival d’Avignon, qui nous poursuivent bien au-delà des remparts de la ville.

Découvrir le festival d’Avignon l’été de ses 16 ans en tant que membre d’une troupe jouant dans le OFF vous marque pour toujours. Mon rapport à la Cité des Papes reste à jamais associé à ses premiers souvenirs.

Et c’est un rapport spécial. Ce lien qui me lie à cette ville. L’impression d’y être un peu chez moi. D’y être à ma place. D’y appartenir. C ‘est un attachement comme à une personne. Contrairement au Festival de Cannes, fascinant et éblouissant, qui fait aussi partie de ma vie, mais qui reste une parenthèse enchantée comme en dehors de toute réalité, Avignon s’insinue dans ma vie de tous les jours. Même à Paris.

Et cela commence dès le mois de septembre. Les affiches des spectacles de la rentrée fleurissent, notamment dans le métro et il n’est pas rare d’y retrouver des pièces jouées à Avignon. Le célèbre Couscous aux lardons fait d’ailleurs l’aller retour depuis plusieurs années entre la capitale et les bords du Rhône. Sensation étrange alors. Scruter toutes les affiches, connaître les spectacles, même sans les avoir vus.

C’est l’hiver, dans une petite salle de spectacle inconfortable et mal (ou sur) chauffée rappelant les théâtres de poche qui accueillent les pièces du OFF. Sensation étrange alors. Se surprendre à trouver des ressemblances entre deux lieux pourtant en tous points différents.

Arrive le printemps, les premières conversations aux terrasses près du cours Florent où deux jeunes comédiennes discutent, imaginant comment se passera leur premier festival. Sensation étrange alors. Envie de s’immiscer dans la conversation pour leur raconter « notre » Avignon. Puis se raviser. Leur laisser la surprise de la découverte.

C’est toute l’année. Voir une pile de cartons devant un magasin et les trouver parfaits pour y coller des affiches. Taille et rigidité idéale. Sensation étrange alors. Regarder autour de soi. Se rendre compte qu’à Paris, tout cela ne sert à rien. Mais sourire. En pensant aux périples, cartons sous le bras, pour traverser le pont Daladier sans être emporté par le vent.

C’est tous les jours. A la sortie du métro. Dans la rue. Des jeunes gens qui distribuent tracts et prospectus. Les prendre, toujours, juste par respect pour leur tache ingrate que l’on connaît. Sensation étrange alors. Les plaindre, presque. Leur souhaiter bon courage. Leur dire qu’on est passé par là. Et se souvenir des heures à arpenter les rues et les terrasses pour tenter de vendre son spectacle, de se faire remarquer.

C’est mercredi dernier dans ma boîte aux lettres. Le numéro de Télérama spécial Festival d’Avignon qui me rappelle que ça y est, ça arrive de nouveau. Le mois de juillet. La ville va à nouveau changer de visage. Y penser, en lisant la revue à une terrasse parisienne. Sensation étrange alors. S’imaginer, déjà, les bruits, les odeurs de la Cité des Papes. Se transporter par la pensée dans ses rues. Tenter de retrouver la sensation de ses pavées sous les pieds. La chaleur du soleil et le Mistral sur la peau.

Ce sera le 13 juillet à 7h50. Départ de Paris, direction Avignon.

Cécile Guthleben.

Quelques mots sur l’auteur :

Cinéphile à la plume vengeuse Cécile Guthleben n’hésite jamais à faire part de ses coups de coeur et de ses coups de gueule. Alsacienne d’origine, Parisienne d’adoption et Avignonaise de coeur, elle saute dans le TGV dès qu’une occasion se présente pour rejoindre les rives du Rhône. Vous pouvez aussi la suivre sur Twitter ici : Clic, clic, clic.

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