Festival d’Avignon, « Ruy Blas Repetitas : le théâtre 12.0 », par Mathias Lloret

dans Fest. Avignon 2011

Pendant le mois de Juillet, le Semioblog vous invite au festival d’Avignon. Mathias Lloret nous parle aujourd’hui de Ruy Blas Repetitas.

Bon appétit, messieurs. Ô ministres intègres !

Conseillers vertueux ! Voilà notre façon

De vous servir, serviteurs qui pillez la maison

Donc, vous n’avez pas honte, et vous choisissez l’heure,

L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !

Un titre qui semble redondant pour une pièce mainte fois jouée, et pourtant…

Le ‘repetitas’ fait la différence. Appréciez les textes de Victor Hugo et découvrez ceux de Sébastien Faure, ou l’inverse. Une pièce légère et humoristique, une comédie toute en alexandrins même quand on s’écarte du texte classique. Lorsque les comédiens haranguent le public ou se querellent, les vers de douze pieds restent l’unique mode de communication.

Ruy Blas Repetitas c’est la répétition en public de la scène 2 de l’acte III du texte original, probablement la plus célèbre. On assiste ainsi à tout ce qui constitue l’envers du décor : les idées, les modifications potentielles, mais surtout les hésitations et les blancs des comédiens. Le rôle du public devient alors intéressant et cela dès son entrée dans la salle alors qu’il est encore en train de choisir son siège : il devient son souffleur. Puis il accède au statut de comédien, de technicien ou est même un simple élément du décor. Qu’il donne la réplique ou se laisse aller à un rire sincère, le public a toujours quelque chose à dire.

Une performance de grande classe, des comédiens qui ne se laissent pas distraire par les imprévus dus à la participation du public, puis un texte et des mimiques – honnêtement – drôles.

Pas une simple représentation d’un Victor Hugo, une véritable pièce interactive en alexandrins, le 12.0 !

Redécouvrez Ruy Blas ou faites-le découvrir de cette façon ludique : Ruy Blas Repetitas.

Une salle de 70 places dans laquelle la proximité désinhibe les plus timorés pour leur laisser échapper d’abord un, puis une multitude de rires. Un agréable moment d’une heure et quart qui se joue chaque jour au Théâtre du Bourg Neuf à 17 heures 30 (page 80 du guide du Festival OFF et ici : clic, clic, clic).

Mathias Lloret

Mathias Lloret est licencié de la formation Information et communication d’Avignon et poursuit ses études vers le journalisme

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