Anne Sinclair à la tête du Huffington Post, une bonne retombée de l’affaire DSK

dans Medias, Vie politique et medias

 

C’est lundi prochain, le 23 janvier qu’aura lieu le lancement de la version française du site américain d’informations Huffington Post. A sa tête, on ne peut l’ignorer, il y aura Anne Sinclair, qui en sera la directrice éditoriale.

Ce matin, l’épouse de l’ex-futur Président de la République Dominique Strauss-Kahn, a donné une interview au magazine Elle, où elle parle de son plaisir à reprendre son métier, de sa liberté et de son indépendance.

Depuis quelques jours, le sujet est partout, mais quel sujet exactement ? La création d’un nouveau média en France ? Pas exactement. Il est question d’Anne Sinclair. Partout. Est-elle encore légitime pour faire ce métier ? Le Huffington Post sera-t-il vraiment indépendant face aux questions de politique et notamment aux « affaires DSK » ? Si quelques articles, comme celui de Libération (clic, clic, clic) reprennent les choses clairement, ce que l’on peut constater ailleurs, c’est que c’est surtout la femme qui intéresse.

Or, derrière cette femme, il y a tout d’abord une journaliste, qui a longtemps exercé son métier, et qui a montré de quoi elle était capable. Nous connaissons la suite, elle a suivi son mari, nous étions nombreux à la voir en future première dame de France, et il y a eu l’affaire du Sofitel.

Je me réjouis de voir Anne Sinclair reprendre du service. Je pense que ce n’est pas parce qu’elle a été trompée par son mari, humiliée publiquement par un homme qui a loupé la chance de sa vie à cause d’une histoire de sexe qu’il faut qu’elle renonce à sa carrière. Pourquoi devrait-elle s’infliger cette double peine ?

Christine Ockrent et Bernard Kouchner, Valérie Trierweiler et François Hollande, Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg, Béatrice Schönberg et Jean-Louis Borloo, et j’en passe. Combien de femmes journalistes devront sacrifier leur carrière au profit de leur conjoint ?

Il faut ici cesser l’hypocrisie : nombre d’hommes politiques fréquentent des journalistes, et, comme dans de nombreux milieux professionnels, il arrive qu’ils vivent une histoire d’amour. En quoi l’épouse d’un homme politique serait plus influencée qu’un autre journaliste qui serait ami avec cet homme politique ? Avons-nous oublié que certains journalistes ont fait les mêmes écoles que nos hommes politiques ? Que David Pujadas a fait Sciences Po avec Jean-François Copé ? Les femmes sont-elles encore si mal considérées qu’on continue de penser qu’elles sont forcément à ce point influençables ?

Ces propos, que l’on retrouve partout en ce moment dans les médias sont aussi le fruit de la peoplisation croissante de notre société : peoplisation des hommes politiques, mais aussi des journalistes. Marie Drucker est, au même titre François Hollande, un people comme un autre. Or Marie Drucker n’est pas Britney Spears, et François Hollande n’est pas Johnny Deep. Qu’importe leur vie privée, il faut qu’ils puissent faire leur travail.

Pour une fois qu’une journaliste, épouse d’un homme politique, peut vraiment exercer son travail, c’est au moins une bonne retombée de « l’affaire DSK ».

Virginie Spies.

 

 

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