Daniel Picouly, la faute d’orthographe est sa langue maternelle, par Virginie Spies.

dans Fest. Avignon 2012

Nous connaissions Daniel Picouly écrivain, animateur d’émissions culturelles, le voici à Avignon pour interpréter, seul en scène, son texte : La faute d’orthographe est ma langue maternelle.

Si j’ai eu envie de voir sa pièce, c’est parce que j’apprécie tout particulièrement les parcours inattendus, et que je me suis, comme beaucoup certainement, retrouvée dans l’histoire de Picouly. Qui n’a pas été traumatisé par un instituteur qui lui reprochait ses fautes d’orthographe, ou ses difficultés en mathématiques ? Souvent, à les écouter, nous allions finir poissonniers. Et pourquoi poissonniers d’ailleurs ? Dans le cas de Picouly, l’instituteur l’avait trouvé « bête à manger du foin », ça lui avait donné des envies de vengeance.

Cette pièce nous parle de nos racines, des souvenirs de l’enfance, des enseignants, des parents, des injustices à l’école, de notre fratrie, de la prof de musique, toujours un peu sulfureuse. Les souvenirs, explique l’auteur, sont enfouis dans notre mémoire et nous en faisons des récits, mais à notre manière. « Un souvenir dit-il, ça ne s’exprime pas correctement. Un souvenir est mal élevé ».

Picouly nous emmène aussi du côté de la lecture et de l’écriture. Il raconte avec malice comment il a lu Proust pour séduire une « petite crâneuse », et comment, du coup, il a voulu devenir Proust. L’occasion de réaliser qu’il est préférable de devenir soi-même que quelqu’un d’autre. Et le passage à l’écriture ? Il le fera grâce à ses soeurs, auxquelles ils racontait des histoires dont il était le héros. C’est ainsi qu’il a découvert que l’écriture permettait d’accéder à la liberté. Il l’a acquise, pas de doute là-dessus.

Quelques regrets cependant. La pièce est sonorisée, Daniel Picouly porte sur lui un micro léger, ce qui ne empêche le public d’accéder à l’authenticité auditive et donc sensorielle que permet le théâtre. On aurait aussi parfois souhaité un peu plus de motivations dans les déplacements et les gestes, donc dans la mise en scène.

Virginie Spies

La faute d’orthographe est ma langue maternelle, jusqu’au 28 Juillet à 18 h 50 – Chapelle du verbe incarné : clic, clic, clic

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