Pour en finir une bonne fois pour toutes avec le bol Ikéa, par Marie-Caroline Neuvillers

dans Fest. Avignon 2012

Choisir un spectacle à aller voir pendant le Festival c’est compliqué pour plusieurs raisons : La première c’est que le programme a presque autant de pages que la Bible, et que comme tu n’as jamais lu la Bible, tu n’as pas spécialement envie de te faire le programme en entier non plus.

La seconde c’est qu’en général, comme tu ne lis pas le programme du OFF, tu te dis que tu vas attendre les retours et que le bouche à oreille fasse son effet. Sauf que tout le monde se dit la même chose. Il y a donc pas mal de chances de tous se retrouver comme des couillons à attendre qu’il y en ai un qui dise qu’il a vu quelque chose de sympa.

Cette année n’a pas été différente, j’avais pris mon crayon mine et mes post-it pour faire ma sélection, et je pense m’être endormie en bavant sur la page 50 du programme au bout d’une heure.

Du coup, j’ai décidé de faire ça autrement cette année : En fonction du titre.

Oui en fait ça n’a rien d’original, plein de gens font ça. Moi pas, parce qu’on peut aussi avoir des mauvaises surprises, si on s’imagine que « Ma voisine ne suce pas que de la glace » est un conte écologique sur la fonte de la calotte glaciaire par exemple, alors qu’en fait sûrement que non pas du tout, pas plus que ça doit être l’histoire d’une vendeuse d’Esquimaux. Enfin il faudrait quand même être vraiment crédule, mais bref passons.

C’est comme ça que je me suis retrouvée devant le théâtre Notre Dame à 21h pour aller voir « Le bol Ikea et autres chutes ».

Quand l’attachée de presse m’a demandé ce qui m’avait poussé à venir, je n’ai pas répondu honnêtement « J’ai une obsession perverse pour Ikea. J’ai tous les catalogues depuis 2005, et mon appartement est la reproduction de la page 54 ». A la place j’ai menti et j’ai dit « A cause de l’affiche ».

Bien sûr ça ne parle pas uniquement d’un bol Ikea, mais Romain Louvet et Vincent Lahens l’imitent à la perfection. Tout comme ils imitent aussi très bien Mickey Rourke, les souris, et un couple en train de faire ses courses (justement chez Ikea…) Les accessoires sont inexistants ou presque, la gestuelle est amplement suffisante. Ils dépeignent la vie à la perfection, aussi bien que ce qu’ils racontent des histoires déjantées et hilarantes, comme celle de René, un moustique voulant laisser une trace dans l’histoire de l’art… Oui, à lire ça risque de vous paraitre un tantinet abstrait, mais de toute manière, ces deux comédiens sont partisans de la morale libre à la fin d’une histoire et ce sera donc à vous seul d’y trouver un sens…

Heureuse d’être bien tombée la première fois, je m’y suis donc risquée une seconde fois en allant voir « Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la culture »  à 22h au théâtre Célimène.

Quand on m’a demandé pourquoi j’avais choisi de venir voir la pièce je n’ai une nouvelle fois pas répondu honnêtement « Parce que c’est comme ça que je voulais intituler mon mémoire de Master en Stratégie du Développement Culturel ». En fait je n’ai rien dit du tout.

« Pour en finir une bonne fois  pour toute avec la culture » est à l’origine un ouvrage de Woody Allen. Dans la pièce, ce sont donc quelque unes des nouvelles qu’il comprend qui y sont développées. On retrouve sur scène la Mort qui préfère grimper par la gouttière pour un effet plus dramatique lorsqu’elle vient chercher sa victime avec qui elle finit par faire une partie de cartes, un privé à la recherche de Dieu et un complot philosophique pour le moins violent… La mise en scène est ingénieuse, les comédiens parfaits (Hélène Poulain – dont la plastique va drôlement vous énerver si vous avez abusé des merguez – Jean-Michel Boch, Michel Robin et Jacques Rebouillat) et si le rythme est parfois inégal, les répliques, elles, sont toujours au choix, fines, cinglantes ou tout bonnement hilarantes.

Si vous êtes en mal d’inspiration pour ces deux derniers soirs de Festival, n’hésitez plus donc !

Marie-Caroline Neuvillers.

Le bol Ikea et autres chutes, jusqu’au 28 juillet, 21h au théâtre Notre Dame : clic, clic, clic.

Pour en finir une bonne fois pour toute avec la culture, jusqu’au 28 juillet, 22h au théâtre Le Célimène : clic, clic, clic.

Quelques mots sur l’auteur :

Marie-Caroline Neuvillers aime le Festival même si ça ne se voit pas toujours et tentera cette année d’être aimable avec tous les tracteurs et les touristes à casquette qu’elle croisera. Elle tentera, elle ne promet rien. Vous pouvez la suivre sur Twitter : clic, clic, clic.

A lire aussi

DMPP EC#1 – Dans les coulisses de VOICI

« Des médias presque parfait » a pour ambition de proposer des vidéos d’analyse et de réflexion sur les médias. Avec

En lire + ...
DMPP #5 - La communication politique

DMPP#5 – La Communication Politique

Que s’est-il passé en matière de communication politique pendant la dernière campagne présidentielle ? La télé a-t-elle toujours autant

En lire + ...
Les pouvoirs du direct - DMPP #4

DMPP #4 – Les pouvoirs du direct

A quoi servent les émissions en direct ? Depuis quand ça existe, pourquoi on aime ça et en quoi

En lire + ...

Laissez un commentaire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Mobile Sliding Menu