Didier Porte : « Le théâtre est un espace de liberté »

dans Fest. Avignon 2013, Medias

 

Journaliste, chroniqueur et humoriste, Didier Porte présente chaque soir son nouveau spectacle au festival d’Avignon. Celui qui s’était fait virer de France Inter en 2010 parle sur le Semioblog de la façon dont il perçoit le festival d’Avignon.

Vous êtes un habitué du festival d’Avignon ?

J’y suis venu assez souvent, pour mes différents spectacles. J’aime beaucoup l’ambiance et le contact avec le public.

Si je vous dis Festival off, vous pensez à quoi ?

C’est assez fou. D’ailleurs, sur Twitter, je commence mes twitts avec le hashtag #OffdeOuf. Le festival off est un moment de cruauté intense. Un vrai darwinisme social. Des compagnies se font beaucoup d’illusions et y laissent des plumes, c’est très dur. De mon côté, j’ai la chance de faire partie des privilégiés et j’arrive à m’en sortir grâce à une certaine notoriété, et parce que je joue seul. Mais il ne faut pas se leurrer, nous sommes une minorité dans ce cas, et c’est regrettable.

Quel regard posez-vous sur le festival in ?

Je ne suis pas un « théâtreux ». Je pense que le théâtre subventionné c’est très bien et utile, même si c’est parfois caricatural. A une époque, ce que je connaissais le mieux du festival in, c’était quand même le bar du in 😉

Un truc qui vous énerve pendant le festival ?

Ça me fatigue de me faire gueuler dans les oreilles par un type armé de son orgue de barbarie, mais bon, ce n’est pas très grave. Ce qui l’est plus, ce sont ces gens qui se font de l’argent sur l’espérance des gens, et il y en a beaucoup ! Je pense aux marchands de théâtres et aux marchands de sommeil. Pas besoin d’aller à la réunion pour trouver des requins, il y en a plein à Avignon.

De quoi ne vous séparez-vous jamais pendant le festival ?

De ma recette ! Et maintenant que vous allez écrire ça sur le Semioblog, je vais pouvoir me faire braquer tranquille…

Le théâtre est-il un moyen libre de s’exprimer les médias, un lieu sans contraintes ?

Incontestablement. C’est un véritable espace de liberté. On peut dire ce qu’on veut. Pour autant je ne vais pas en faire plus qu’à la radio ou dans les médias. Je ne suis pas différent dans mon spectacle, je n’ai pas besoin d’en rajouter. D’une manière plus générale, je pense que la parole est de plus en plus libre, et qu’on progresse sur la liberté, même dans l’univers médiatique. Il y a eu des ralentissements, comme lorsque je me suis fait virer de France Inter, mais ce n’est pas la tendance. La tendance est à la liberté et c’est une bonne nouvelle. Par exemple, je bénéficie d’une formidable liberté pour mes chroniques sur Médiapart.

Est-ce que l’humour peut avoir une fonction politique ?

Tout dépend du contexte. Je pense que l’humour a plus un rôle de régulateur social et que les humoristes servent de défouloir. Après, c’est vrai que lorsque vous faites de l’humour politique, vous prenez peut-être plus de risques que lorsque vous racontez votre vie.

Est-ce que les réseaux sociaux sont importants pour vous pendant le festival ?

Pas vraiment. Il y a peu de tweets sur le festival, du coup, j’utilise moins les réseaux sociaux pendant le festival que d’habitude.

C’est quoi votre bar ou restau préféré pendant le festival ?

J’aime bien dîner devant le Palais des Papes, au soleil couchant. C’est magnifique. Sinon, je n’ai rien contre un petit mojito à la Tâche d’encre.

Qu’est-ce qu’un bon public ?

Ah ! Un public qui réagi, qui se marre. Mais il n’y a jamais de certitudes, et c’est ça qui est bon. Mais c’est aussi ça qui rend les gens fous dans ce métier : le côté cyclotimique du public.

Qu’est-ce qui manque, dans cette ville ?

Un peu de compassion pour ceux dont les compagnies éclatent, et pour les espoirs déçus.

A part votre spectacle, quel est celui que vous pourriez me recommander d’aller voir ?

Je vous recommande Wally à La Luna. J’aime beaucoup ce qu’il fait.

Est-ce qu’à Avignon en Juillet, il fait trop chaud pour travailler ?

Oui !

Imaginons qu’à la fin du festival, vous m’emmenez en vacances, on part ou ?

En Crête. C’est d’ailleurs là que je vais aller ensuite. Il va faire encore plus chaud, mais au moins, Avignon m’aura servi de préparation physique !

Propos recueillis par Virginie Spies.

Didier Porte à droite ! Jusqu’au 31 Juillet à 19 h 45 au théâtre Alizé (clic, clic, clic)

 

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