« Maudit Karma » ou les multiples vies de Trinidad

dans Fest. Avignon 2013

Kim Lange est journaliste, allemande et morte. A première vue, les trois n’ont pas de rapport. En l’écoutant raconter la dernière journée de sa vie et les premières heures de sa mort, on s’aperçoit que si (enfin sauf pour le fait d’être allemande, elle ne l’a pas fait exprès).

Après avoir reçu un prix les fesses à l’air (sans le vouloir forcément) en direct à la télévision, elle meurt brutalement, et bêtement a-t-on envie d’ajouter, après avoir été percutée par le lavabo de la station Mir. Évidemment, et puisque les journées pourries le sont généralement jusqu’au bout, elle ne se contente pas d’aller tranquillement se faire polir les cuticules au paradis, mais se trouve à la place réincarnée en fourmi. La faute au mauvais karma accumulé tout au long de sa vie. Pour se racheter d’avoir pourri l’existence de son mari, collègues et parfois enfant, elle devra sans cesse se réinventer sous différentes formes et différents animaux (pas toujours des plus glamours) et accessoirement empêcher que son cher et tendre se fasse mettre le grappin dessus par une intrigante.

Adapté du roman du même nom de David Safier, Maudit Karma vaut avant tout le coup pour sa très énergique interprète Trinidad qui, seule en scène pendant 1h20, passe du cochon d’inde au beagle (et non du coq à l’âne) avec facilité et humour.

Un peu lent au démarrage, quelques longueurs viennent parfois perdre le spectateur en route, mais il n’en reste pas moins que ce Maudit Karma se laisse savourer jusqu’au bout et prouve de façon aussi absurde que plaisante qu’on met parfois du temps à apprendre de ses erreurs et que l’on considère souvent comme important dans la vie, seulement ce qui nous arrange.

Une mention particulière aux jeux de lumière qui constituent quasiment à eux seul le décor de ce récit très peu ordinaire.

Marie-Caroline Neuvillers.

Jusqu’au 31 juillet, à 21h, au Collège de La Salle : (clic, clic, clic)

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Quelques mots sur l’auteur:

Marie-Caroline Neuvillers écrit des choses sérieuses le jour pour gagner sa vie honnêtement, puis le soir venu, écrit des choses avec du lol dedans sur le Festival d’Avignon. Elle passe donc son temps à faire semblant de se plaindre alors que dans la vraie vie elle adore les touristes et le mec qui distribue la Terrasse. Mais toujours pas les gens qui disent « en Avignon.

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