La Nouvelle édition, de l’humour dans mes pâtes bolo, par Héloïse Daoui

dans La Nouvelle Edition Canal+, Télévision

Pendant plusieurs semaines, le Semioblog analyse La Nouvelle édition, diffusée en clair sur canal + à 12h20. Pour commencer, c’est Héloïse qui nous propose son regard im(pertinent) sur l’émission et qui observe la façon La Nouvelle Edition manie l’humour à la décontraction, à l’heure du déjeuner.

Comme chaque jour en rentrant des cours, vers midi, je me suis assise dans mon canapé avec mon assiette de pâtes comme une bonne étudiante qui se respecte, pour regarder La Nouvelle Edition de Canal +.  Et puis, j’ai été interpellée  quand mon attention s’est focalisée sur un élément sonore à première vue insignifiant. Le générique vient à peine de se finir et voilà que par-dessus les applaudissements du public, on entend provenir de ces mêmes personnes ce qu’on pourrait qualifier de braillement ou clameur selon le point de vue duquel l’on souhaite se placer. Quelque chose de comparable à une foule de jeunes fêtards au concert de C2C…  Evidemment, ce n’est pas ce qu’on entendrait dans le JT de 13h de Jean-Pierre Pernaut. C’est certain, les deux émissions ne prennent (radicalement) pas la même part de marché mais elles sont là toutes les deux pour nous imbiber des nouvelles toutes fraîches de la journée en France et dans le monde autant que mon assiette de pâte-bolo, en bref, elles parlent des mêmes choses. Alors concrètement… elle est où la différence ?

Une question de ton

Eh bien, elle réside moins dans le fond que sur la forme. Mais c’est bien sûr ! Le ton mesdames et messieurs. Pendant que les chaînes de la TNT rangent leurs émissions dans des cases conventionnelles et prémâchées de la pensée collective des Français (si on parle de choses sérieuses, il faut froncer les sourcils, garder le visage neutre, être assis, ne pas bouger, pencher la tête sur le côté : ça donne un air plus grave), Canal + a décidé de faire différent. Bingo ! Un esprit assoiffé de news qui décroche vite si on ne garde pas son attention ou, qui aime tout simplement se détendre après une longue matinée de dur labeur, à votre avis… il va préférer le journal de Pernaut ou La Nouvelle Edition ? Je vous le donne en mille !

Mieux que le direct, le sentiment du direct

On doit bien l’avouer, l’émission fait sourire mais dans les faits, c’est quoi la recette du mélange entre divertissement et information ? Il y a plusieurs points importants à ne pas négliger. D’abord, on est en direct, vous en avez marre de vous sentir dupé par des émissions parfaites qui ne ressemblent pas au monde auquel vous appartenez ? Et hop, un micro qui se fait la malle sur une des chroniqueuses, faisons-le remarquer ! Un petit bafouillage ? Rions, après tout, il s’est juste trompé… Ça fait du bien de voir qu’ils sont comme nous, ces gens dans la boîte à image.

Et puis, il y a la décontraction visuelle des chroniqueurs. Ali Badou n’a pas besoin de cravate pour avoir la classe, on n’est pas dans la chambre du parlement ici. Les petites touches de couleurs à droite et à gauche, ça nous rappelle le printemps, quand le soleil revient. On ne peut pas s’empêcher de sourire rien que parce qu’il fait beau.

Un esprit de convivialité

Ajoutez à cela une convivialité évidente des chroniqueurs ; ils sont jeunes, ils sont beaux et tout frais. Voilà une franche équipe soudée comme une super bande de copains, sans compter le public réactif à la moindre petite blague de Julia Molkhou, la superbe miss météo. Pierre-Emmanuel Barré en poivre et sel un peu comme George Clooney, c’est la classe ! Bon d’accord, Nicolas Domenach n’est plus tout jeune, il faut bien l’avouer, mais il garde une pêche d’enfer, il est frais comme un gardon.

Pour terminer cette recette mélangeant humour et sérieux, prenez un public qui vous braille des « oh ! » et des « ah ! ». Ça met tout de suite dans l’ambiance, petit bémol néanmoins, n’oublions pas que derrière cette apparente spontanéité, de magnifiques panneaux qu’on ne montre pas aux caméras (bah non !) obligent les applaudissements de chaque instant.

Ok, ok, j’ai bien rit et j’ai fini mon plat de pâte, je vais pouvoir retourner en cours le cœur léger et l’esprit plein des nouvelles du monde. Bravo, Canal + vous m’avez encore une fois fidélisée à vos émissions qui me ressemblent tant… On le sait, on ne s’en cache pas, on peut faire admettre bien des choses par le rire mais n’oublions pas que la chaine de production existe grâce à et pour l’audience qu’elle réalise chaque fois qu’elle lance un programme. Et puis, il faudra quand même mettre en avant le  fait que parfois La Nouvelle Edition manque de cohésion et qu’on a tendance à perdre le fil conducteur. Alors, le mariage humour/sérieux dans l’information, ça marche bien mais attention à bien en contrôler les dosages.

Héloïse Daoui.

Héloïse Daoui est étudiante en Sciences de l’information et de la communication à l’université d’Avignon. Vous pouvez la suivre sur Twitter par ici : @Hollydawi

A lire aussi

YouTube comme lieu d’expression du chercheur, l’expérience de « Des médias presque parfaits » et la question de la vulgarisation scientifique

Le 10 novembre dernier, nous avons participé au colloque « Youtubeurs, Youtubeuses » organisé par l’équipe de recherche Prim à l’université

En lire + ...

DMPP #7 – Médias, pourquoi il faut ABSOLUMENT s’en préoccuper ?

Il y a une urgence, celle d’une éducation aux médias pour tous. Les médias concernent chacun d’entre nous, et

En lire + ...

Migrants, la tragédie de notre siècle

Le sujet est dramatique et urgent, ils sont trop nombreux sur ce « putain » de bateau. Au plus près de

En lire + ...

Laissez un commentaire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Mobile Sliding Menu