Pétasse, vulgaire et malade : quand le toubib de France 2 m’insulte sur Twitter

dans Medias

Pétasse, vulgaire, médiocre, malade et pseudo-intello, voici les insultes que me profère Jean-Daniel Flaysakier depuis hier soir sur Twitter, suite à l’une de mes paroles à son sujet. 

Hier soir, comme c’est le cas lorsque l’actualité médicale l’exige, Jean-Daniel Flaysakier le médecin et journaliste spécialiste « santé-médecine » sur France 2 était en plateau. 

Personnellement, je n’apprécie pas le personnage notamment parce qu’il y a quelques mois, je le suivais sur Twitter et que ses interventions sur le réseau social me déplaisaient. J’ai donc cessé de le suivre. Hier soir donc, le docteur Flaysakier est en plateau, et j’envoie sur Twitter le message suivant :

Franchement, j’ai déjà été plus spirituelle que cela. Il aurait fallu que j’explique mon propos, mais je n’en ai pas eu envie, c’était un petit tweet d’humeur, sans plus. Et comme dirait Alain de Greef, « on ne peut pas être Molière tous les jours, même Molière ». Je n’ai d’ailleurs aucune prétention d’être Molière, donc ça tombe bien. Quand j’écris ce tweet, je ne cite pas Mr Flaysakier volontairement, car je n’ai pas envie de parler avec lui, je le sais agressif et j’ai juste à ce moment, une question et une petite opinion à donner, une opinion sans importance d’ailleurs. 

Seulement il faut faire attention à ce qu’on raconte et (bien fait pour moi), Dominique Farrugia qui me suit sur Twitter et qui (ce qui n’est pas antinomique) est visiblement ami du Docteur Flaysakier prend la défense de ce dernier en me répondant qu’« il est le meilleur ». Ce message est à destination de nous deux, le docteur prend connaissance de mon message, et là, c’est le drame.

 

Oh oh, Dominique Farrugia n’imaginais certainement pas qu’une pluie d’insultes allait me tomber dessus, et je ne lui en veux pas. La machine s’emballe, les followers du docteur viennent appuyer ses propos, les miens nous disent de nous calmer, expliquent que j’ai le droit d’exprimer mon opinion, et nous invitent à nous faire des « bisous », ce qui n’est pas envisageable.

Ce matin, Mr Flaysakier en a remis une couche me traitant de lâche, médiocre et pseudo-intello, c’est trop d’honneur, surtout pour un message de moins de 140 signes.

Je précise ici que cet article n’est pas « revanchard ». Je m’exprime dans différents lieux autres que l’université, et j’ai donc pris l’habitude des « haters », c’est le risque du discours qui s’adresse à un large public, je l’assume. Mais cet échange m’inspire quelques réflexions en lien avec mes recherches actuelles, autour de la télévision, twitter et de la notoriété. 

Twitter, miroir de ce que nous sommes dans la société 

N’en déplaise aux personnes qui, comme Monsieur Flaysakier inscrivent sur leur bio Twitter que ce qu’ils écrivent n’engage qu’eux-mêmes, en vérité ce n’est pas le cas.

Ce que nous sommes dans la société, nous le sommes pleinement, nous le sommes tout le temps. Imaginez : vous êtes David Pujadas. Quatre soirs par semaine, vous présentez le journal télévisé sur France 2. Mais une fois sorti de votre travail, vous considérez que tout le reste n’engage que vous. Dès lors, vous pouvez sortir, faire n’importe quoi, insulter les gens. Nous le savons, ce n’est pas comme ça que cela se passe, et qu’il s’agisse de la « vraie vie » ou des réseaux sociaux, nous portons en nous (plus ou moins selon la visibilité de notre travail), l’identité de notre institution.

Les célébrités qui ont compris cela doivent ménager la chèvre et le chou, utiliser les réseaux sociaux en étant malins et garder une ligne de conduite, une identité plus ou moins équivalente entre l’image médiatique et le discours 2.0. Je pense à Nikos Alliagas, Michel Cymes, Antoine de Caunes, Christophe Dechavanne et bien d’autres. Les éventuels débordements qu’ils se permettent sont à peu près les mêmes que ceux qu’ils donnent à voir dans les médias.

Les célébrités qui refusent de se plier à ces règles ne sont pas sur Twitter et elles ont raison. Ce que l’on observe, c’est que Twitter est un miroir non pas de ce que nous sommes, mais de la façon dont nous apparaissons dans la société.

Dès lors, si les tweets de Monsieur Flaysakier ne sont en effet pas ceux de France 2, il n’en sont pas moins ceux du médecin-journaliste de la chaîne publique, et il ne peut en être autrement.

La notoriété au risque du web social

Plus largement, ce type de réaction peut nous interroger sur la notoriété 2.0. Je ne suis pas une spécialiste du « tweet-clash », mais il m’est déjà arrivé de m’exprimer sur un animateur sans que cela lui plaise. Nous avons discuté sur Twitter, jusqu’à nous suivre parfois, comme ce fut le cas il y a quelques mois avec Augustin Trapenard du Grand Journal, que j’apprécie précisément parce qu’il est ouvert à la discussion. 

Parfois, la réponse immédiate du public sur Twitter arrive pour certains comme une sanction et elle semble intolérable. La seule réponse valable ne peut être que silencieuse, et bien évidemment, Monsieur Flaysakier aurait dû me considérer comme un « troll » et ne pas me répondre.

Je pense à cette phrase de Christopher Lasch : « Narcisse est incapable de reconnaître son propre reflet, il ne possède pas le concept de la différence entre lui-même et son environnement ».  Notre environnement médiatique et numérique est foisonnant, et nous avons l’occasion de communiquer tout le temps, partout et dans tous les sens. 

Dès lors, le contexte est vite oublié, et dans cet exemple le sujet de l’énonciation en oublie son institution, l’émotion conduit à l’insulte, comme si Twitter dévoilait une fragilité et des angoisses que jusque-là, le simple discours télévisuel masquait.

Il est probable que de cet article, vont découler de nouvelles insultes de Monsieur Flaysakier. Peu importe.

Virginie Spies.

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4 commentsOn Pétasse, vulgaire et malade : quand le toubib de France 2 m’insulte sur Twitter

  • De mon côté Flaysakier, j’ai arrêté de le suivre sur twitter il y a à peu près 2 ans: prise de parole superficielle, hors sujet souvent avec sa thématique et surtout un ton d’une agressivité très violente, à croire qu’il ne recherche que le bon mot plutôt que le fond. Et quand je vois France2 se forcer à promouvoir son blog qui n’est pas hébergé sur la plateforme de la chaîne, j’ai fini par le ranger définitivement dans la même case que Morandini.

  • J’apprécie parfois les gazouillis de Flaysakier, mais j’ai du mal à supporter ce manque de regard critique sur soi-même qui le pousse à de tels débordements. C’est peut-être parce que j’apprécie également les interventions facebookiennes et tweetesques de Virginie.
    Ces dérapages verbaux sont assez symptomatiques de certains « grands comptes » dont la notoriété a pour conséquence une impossibilité d’accepter la critique.
    Le tweet de départ n’était pas non plus, il faut bien le dire, très constructif, mais effectivement, l’ami Flaysakier aurait pu considérer cela comme l’intervention d’un troll et avoir l’intelligence de ne pas réagir.

  • Au delà de cet échange vil sur Twitter, ceci pose la question des « experts » auxquels recourent les médias pour essayer de vulgariser un propos d’ordre scientifique. Comment sont-ils choisis ? Quel statut ont-ils (journaliste ou bien leur métier d’origine ?) ? Qu’est-ce qui justifie qu’ils soient systématiquement appelés par les médias ? Où les médias peuvent-ils trouver des scientifiques pour répondre à leurs questions ? Quelle est la légitimité de telle ou telle « expert » pour s’exprimer sur un sujet donné ?
    Autant de questions que le grand public est en droit de se poser. Autant de questions qui se posent également dans les universités lorsque des journalistes sont à la recherche de contacts pour les aider à traiter un sujet d’actualité …

  • C’est une bonne question en effet, à laquelle il m’est possible de répondre au moins sur deux points :
    . Concernant ce Monsieur, il dit sur sa bio être « médecin et journaliste », donc il exerce à ces deux niveau, et concernant le journalisme, il l’est pour France 2, comme Michel Cymes l’est pour France 5. Il n’est pas intervenant de temps en temps, il est salarié de France Télévisions.
    . Concernant les « experts » universitaires, c’est plutôt mon cas, dans le sens où je donne régulièrement des entretiens à des médias, comme mes collègues. Ici, les journalistes m’interpellent sur des questions qui concernent mon travail, mes recherches, donc la télévision, les réseaux sociaux, la célébrité. Dans ce cas, nous ne sommes évidemment jamais rémunérés, et libre à nous de répondre ou non. En ce qui me concerne, j’essaye de le faire au mieux car je considère que cela fait partie de ma « mission » que de rendre compte au grand public de mes travaux, afin que que certains résultats puissent être connus de tous, et que cela permette de mettre ces sujets au coeur de la société.
    Bien à vous.

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