La pub dans « La Nouvelle Edition », par Pauline Pranizez-Patiant

dans La Nouvelle Edition Canal+

Pour quelques jours encore, le Semioblog analyse La Nouvelle édition, diffusée en clair sur canal + à 12h20. Aujourd’hui, Pauline Pranizez-Patiant analyse les publicités diffusées au cours de l’émission.

Les devinettes, ces questions simples, mais auxquelles on ne connait jamais les réponses. Laissez-moi vous en poser une. Elles sont omniprésentes dans nos vies, voire même un peu trop. Elles n’intéressent pas toutes les mêmes catégories socio-professionnelles. Elles peuvent avoir l’air d’un court-métrage, ou vanter tout simplement les mérites d’un produit. Qui sont-elles ?

« Free, il a tout compris. »

« Smart comme vous. » Cela ne vous dit peut être rien, mais il s’agit pourtant du slogan de l’une des publicités diffusée lors de La Nouvelle Édition. Une parmi tant d’autres, je vous l’accorde. Mais les publicités diffusées entre deux reportages de La Nouvelle Édition ne le sont pas par hasard. Si l’émission se veut familiale, polyvalente mais aussi novatrice, elle sélectionne ses publicités sous ces mêmes concepts. Mélanges audacieux, variés : il ne faut pas pour autant oublier que la publicité est un moment propice à une petite escale dans la cuisine pour finir le repas avec un petit yaourt, ou tout simplement pour un petit passage aux sanitaires. Pas question de changer de chaîne, le ton est donné, et la suite de l’émission annoncée par Ali Baddou tient le téléspectateur en haleine.

100% LNE

Cette page de publicité ne coupe pas vulgairement l’émission par des plans de fromages sans matière grasse, puisque La Nouvelle Édition possède son propre générique prévu à cet effet. Une typologie en capitale avec des lettres qui ne sont pas forcément alignées, un fond rouge, et une musique ni entêtante, ni omniprésente mais qui amorce bien les publicités à suivre.

Le générique, aussi futile et bref puisse-t-il être pour certains, reste toutefois dans l’esprit de la chaîne. Un brin moderne, ni trop court ni trop long. La couleur dominante rouge de celui-ci permet de créer une certaine « cassure » avec le reste de l’émission. On pourrait de ce fait aisément supposer que ce choix est volontaire, afin de faire comprendre au téléspectateur qu’il ne s’agit pas de la suite de l’émission, mais d’un temps de pause. C’est alors avec habileté que l’on comprend que la publicité n’est pas stigmatisée dans l’émission, mais qu’une certaine place lui est même accordée.

Lhétérogénéité fait la différence.

La variété des publicités est frappante, et révélatrice du public que l’émission de Canal + souhaite toucher. Ixxi Cosmetics, Chanel, SFR, Intermarché, Lacoste, Soda Stream ou encore Chevrolet. La liste est non-exhaustive, et comprend également une petite auto-promotion de la part de la chaîne. Si vous ne le saviez pas, « le jeudi c’est série » et sur Canal il n’y a pas que des films mais aussi du football. La diversité des publicités nous montre donc que toutes les catégories socio-professionnelles sont touchées. Et globalement, les publicités diffusées proviennent de marques connues de tous, mais ne visant bien évidemment, pas les mêmes budgets. Un certain paradoxe est même visible entre Chanel et Intermarché. Il s’agit bien entendu d’un exemple parmi tant d’autres, mais c’est avec ces paradoxes que l’hétérogénéité reflétée par les téléspectateurs est créée.

Si l’on vise les marques de luxe avec Chanel, le goût pour les gestes du quotidien sera valorisé avec Intermarché et son envie de vendre des produits sains à ses consommateurs. Il en va de même pour La Nouvelle Édition, qui se veut à l’image de cette dernière publicité : saine, naturelle et enrichissante.

Esthétiquement, la qualité est tout aussi variable que le ton donné par les publicités. Il sera possible de trouver un travail plus minutieux et esthétiquement remarquable dans  la publicité « Le bleu » de Chanel, plutôt que dans celle d’Intermarché.

Et c’est ensuite après environ cinq minutes que l’horloge, emblème de La nouvelle édition, reprend sa juste place. Et ce, une nouvelle fois sous l’annonce du pratique générique de publicité. L’émission reprend son cours avec dynamisme, et la publicité réapparaîtra plus tard au sein de l’émission.

La publicité selon La Nouvelle Édition vous invite donc à prendre place au sein de son émission, prônant subtilement un goût pour la diversité. Comme le disait une certaine firme dont le nom vous hurlera aux oreilles : « Venez comme vous êtes. »

Pauline Pranizez-Patiant est étudiante en deuxième année d’Information-Communication à l’université d’Avignon. Vous pouvez la suivre sur Twitter : clic, clic, clic.   

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