Six mois avec « La Nouvelle Edition », par Virginie Spies

dans La Nouvelle Edition Canal+

Avec mes étudiants de Licence 2 info-com de l’Université d’Avignon, nous avons passé ce semestre à travailler sur La Nouvelle Edition. Une vingtaine d’articles furent publiés sur le Semioblog, et les étudiants étaient si impliqués que je n’ai pas encore eu le temps de tous les mettre en ligne (mais ils le seront). En attendant, et parce que c’est la fin de la saison, je propose ici un petit bilan sur cette émission, suite au visionnage et à l’analyse de La Nouvelle Edition pendant plusieurs mois.

Une émission accueillante

Ce qui plait aux étudiants, c’est qu’ils ont l’impression que La Nouvelle Edition s’adresse à eux : l’esprit est jeune, plutôt branché, et on explore de sujets dans l’air du temps.

Nous avons longuement étudié la promesse de l’émission qui se résume ainsi : bonne humeur, convivialité, diversité des sujets, le tout étant très axé sur l’univers médiatique. Ce talk-show n’est pas fait pour être regardé dans sa totalité. Il s’adapte à la temporalité présumée des téléspectateurs, qui rentrent chez eux pour déjeuner, préparent le repas etc… Cette émission est en quelques sortes pré-zappée, on peut prendre ce que l’on veut, laisser ce que l’on ne veut pas.

Chroniqueurs

Si l’émission est portée par Ali Baddou, elle repose aussi en grande partie par ses chroniqueurs. Chacun est dans son rôle et occupe une place particulière. Certains, comme Nicolas Domenach ou Elisabeth Lemoine sont plus présents que d’autres (Colombe Pringle). 

Si l’avantage du talk-show est de pouvoir traiter de sujets très divers, il en résulte parfois une véritable cacophonie en plateau, qui empêche de suivre le fil des discussions et de comprendre les enjeux de celle-ci. C’est regrettable, car par ailleurs, des reportages de fond prennent parfois le temps de l’enquête, allant jusqu’à recevoir les journalistes qui ont réalisé les sujets en plateau ce qui est très appréciable.

Mélange d’infos et d’humour

Au-delà des dossiers creusés par des reportages ou via des invités, l’actualité occupe une place essentielle dans La Nouvelle Edition. Le journal, présenté par Emilie Besse, est intégré dans l’émission de façon à donner l’impression qu’il fait partie de celle-ci. La complicité entre la journaliste et les membres de l’équipe renforce l’impression de convivialité.

L’autre élément notable de La Nouvelle Edition est la chronique de Pierre-Emmanuel Barré. Le style percutant et cynique de l’humoriste est particulièrement apprécié, d’autant que celui-ci amuse le public mais aussi avec les chroniqueurs.

Une vraie réussite du 2.0 

En quelques mois, les comptes Twitter et Facebook de La Nouvelle Edition ont pris une ampleur considérable. Les comptes sont réactifs pendant la diffusion du programme, mais aussi en dehors de ses horaires. Certes, on peut revoir les séquences de l’émission, mais William Rejault, le community manager de l’émission, ajoute aussi des contenus inédits, ou des images qui permettent au public de suivre le programme tout au long de la journée. Dès lors, la communauté peut rester active interagir sur les réseaux sociaux.

Il n’est pas évident de produire une émission si longue (1 h 40) et quotidienne, à un moment où les téléspectateurs n’ont pas une écoute très active. Pourtant, La Nouvelle Edition a trouvé son format, son humeur et son style. Y sont traités des sujets qui ne pourraient l’être dans des programmes plus formatés à des horaires plus contraints. Le challenge sera, à l’avenir, de réussir à transformer l’essai, se renouveler pour ne pas lasser le public, face à une concurrence accrue sur cette case.

Virginie Spies.

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