« Amalia respire profondément », un intense voyage émotionnel

dans Fest. Avignon 2014

Amalia respire profondément, ou comment l’implacable grande histoire se retrouve observée à travers la petite. En nous racontant la trajectoire d’Amalia, femme que la vie va balloter de désillusion en désillusion, la pièce nous place avant tout face au visage sombre de la Roumanie communiste. A mesure que l’on retrouve le personnage principal à différentes étapes de son existence, le tragique et l’absurde d’une société sclérosée se déploient inexorablement, formant une chape de plomb de plus en plus menaçante.

Bref, vous l’aurez compris, si vous cherchez un petit fix de frivolité lolesque avant d’attaquer le 8ème apéro de la journée, passez votre chemin. Amalia respire profondément, c’est du lourd.

S’il y a bien une chose qui saute aux yeux, c’est la profonde sincérité qui se dégage de l’ensemble. Et ce total investissement dans l’œuvre et son message est magnifiquement incarné par Codrina Pricopoaïa, l’incroyable interprète d’Amalia, dont l’impressionnante palette de jeu permet de porter la pièce à bout de bras avec une énergie folle, sans pour autant tomber dans le démonstratif. Une énergie qui constitue bien entendu un atout de taille pour emporter le spectateur dans un intense voyage émotionnel, mais qui peut aussi, à certains moments, devenir une limite : maintenir constamment le même degré d’intensité peut en effet desservir certaines nuances et la logique de crescendo, ce qui, ironiquement, empêche parfois la pièce de respirer comme elle le devrait.

Mais cette réserve relève du détail au vu de l’incontestable réussite de tout le reste. Véritable leçon de mise en scène minimaliste (mention spéciale aux jeux de lumière superbement irréels de la scène du cimetière), Amalia respire profondément forme un tout extrêmement cohérent et touchant où chaque chose est à sa place pour une bonne raison.

En résumé : ardents festivaliers, foncez.

François Theurel.

Jusqu’au 27 Juillet à 14 heures, au théâtre du Bourg-Neuf : clic, clic, clic.

Quelques mots sur l’auteur :

Après avoir étudié les rapports entre diffusion numérique et cinéma à l’Université d’Avignon, François Theurel s’est mis à faire des chroniques  de films de genre sur Youtube sous le sobriquet du Fossoyeur de Films. Ayant affuté son coup de pelle, il revient ce Juillet dans la Semioteam pour nous parler de théâtre.

https://twitter.com/FrancoisTheurel

http://www.youtube.com/user/deadwattsofficiel

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