Le problème du festival d’Avignon avec la météo

dans Fest. Avignon 2014

Voilà une semaine que le festival d’Avignon a commencé, et une semaine que je n’ai pas quitté ma petite veste en jean. A ce moment là, lecteur, tu dois te dire : « Ouais, et alors, what the fuck ? ».

Et bien je vais te dire, le fuck, cher lecteur, c’est que ce n’est pas NORMAL.

Car tu vois, en Juillet à Avignon habituellement, il y a une lutte. Pas une lutte contre le nouveau régime des intermittents, pas une lutte pour trouver une place de parking alors que, armés de leurs Birkenstock, des touristes Anglais, Belges et Hollandais ont décidé d’envahir la cité des papes, non ! Habituellement, à Avignon en été : on lutte contre la chaleur.

La putain de chaleur, tu vois, pas la chaleur de la côte d’Azur, qui ne pose aucun problème car il y a toujours une brise légère et la possibilité de se baigner, non. La putain de chaleur d’Avignon, ces 40 degrés qui te brisent au moment ou tu sors de chez toi, et qui te poussent à aller voir n’importe quel pièce de théâtre, même « Ma grand-mère ne suce pas que la glace de mon grand-père », du moment que le théâtre est climatisé. Car en été à Avignon, tu passes ta journée à penser au mec qui a inventé la clim, limite tu as envie d’aller lui mettre un cierge dans une église, d’autant qu’elles sont toujours fraîches et que du coup, ça te permets de faire un truc bon pour ton karma et pas cher (1€ le cierge, moins cher qu’une place de théâtre), tout en restant au frais.

Et moi cette chaleur, ça me perturbe, tu vois cher lecteur, et ceci pour plusieurs raison. D’abord, je suis née à Metz, ce pays froid où ma maman m’emmenait à l’école en luge parfois, ce pays ou en été, tu peux aussi bien faire un barbecue qu’une raclette selon l’humeur de la météo, ce pays où tu roules en moto en blouson de cuir au mois d’Août. Alors du coup, si j’apprécie volontiers un petit 22 degrés, dès que ça dépasse les 35, je me demande qui a allumé le four et je cherche le coupable.

Mais cette année, depuis que le festival a commencé, il a plu, ma maison a frisé l’inondation, il a fait froid et il y a eu du mistral. Je porte donc ma petite veste en jean et j’en suis ravie. Mes amis râlent car ces sudistes, ils aiment avoir trop chaud, la transpiration n’est pas un problème pour eux, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits.  Les touristes y perdent leur latin, et je te laisse imaginer, cher lecteur, l’allure de certains d’entre eux : pantacourt sur birkenstock, foulard qui remplace le traditionnel éventail et pull dépareillé, on se croirait à Disneyland un jour de grand vent, c’est pas beau à voir.

Du côté des artistes, l’ambiance est étrange, mais certains y trouvent leur compte. Je pense par exemple au gros nounours qui se promène en ville pour distribuer des tracts et qui doit être ravi de ne pas frôler le malaise sous 50 degrés. Il reste cependant des invariants, comme les gens bourrés dès 22 heures rue des Teinturiers, ou les sandwichs trop cher qui te promettent l’intoxication alimentaire. 

Rien n’est perdu donc, et la lutte contre la chaleur va reprendre à partir de lundi, si j’en crois Laurent Cabrol. Je vais donc ranger ma petite veste en jean, et repartir à la chasse du mec qui a allumé le four.

Virginie Spies.

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