On est de retour

dans Fest. Avignon 2014

Première semaine du Festival OFF 2014. Toute l’équipe du Semioblog est réunie dans les bureaux de la rédaction : la table de jardin de Virginie, à côté du barbecue.

L’après midi même tu es allée faire ton accréditation avec François au Village du OFF, qui depuis ce moment là, gâche un peu la fête des retrouvailles : sur son accréditation il est indiqué « rédacteur » alors que sur la tienne il y a écrit « blogueuse ». François t’explique en ricanant qu’être rédacteur c’est quand même un peu plus classe que d’être blogueur. Tu expliques à François qu’il est rédacteur pour un blog. François arrête de ricaner.

L’air compatissant, il te dit que cette année c’est une chance que tu aies au moins réussi à orthographier « blogueuse » correctement. Tu t’offusques en lui demandant d’arrêter de te prendre pour une illettrée. Tu effaces discrètement ton historique Google comprenant le mot « blogueur » orthographié différemment 14 fois. Virginie intervient au moment où tu t’apprêtes à glisser une chipolata dans le col du polo de François. Elle explique que cette année au Festival c’est serious business et que l’ambiance est lourde. Tu es touchée qu’elle aborde le sujet. Effectivement, l’heure est grave : deux semaines plus tôt, tu t’es blessée au pied et depuis tu es obligée de porter des tongs. Et comme tout le monde le sait, rien ne va avec des tongs. Virginie te dit que non, c’est pas du tout de ça dont elle voulait parler et qu’elle même porte des tongs très souvent. Tu t’excuses, tu lui dis que tu n’avais pas remarqué qu’elle s’était fait mal au pied aussi. Virginie soupire. Tu reprends en disant que c’était pour rire et que bien sûr, tu sais parfaitement de quoi elle parle et que oui, un peu que c’est grave : Nicolas Bedos est venu avec sa meuf au festival. Virginie soupire une deuxième fois.

Comme chaque année, chacun expose ses objectifs pour la nouvelle édition. Virginie voudrait axer sur les rencontres et les interviews, François croiser les critiques de pièces entre elles, et toi tu voudrais bien rencontrer Nicolas Bedos, même avec sa meuf, tant pis. Virginie te dit que ça peut pas être le seul objectif de ton festival. Tu lui expliques qu’en effet, c’est l’objectif de tout ton mois de juillet et aussi celui d’août parce que c’était déjà celui de mai et de juin. Virginie n’arrête pas de soupirer. Tu reprends une merguez.

Cette année, le Semioblog accueille aussi un nouveau membre : Belma. Tu es contente. Tu ne connais pas encore très bien Belma, mais peu importe, avec elle l’équipe retrouve un équilibre : tu n’es plus la seule personne pas connue du groupe. Tu commençais à trouver un peu fatiguant de te balader dans les rues d’Avignon avec Virginie et François qui se font régulièrement arrêter parce que « je vous ai vu à la télé » ou « j’adore ce que vous faites » et « on peut faire une photo ? ». Tu n’es pas jalouse du tout. Évidemment. Mais parfois tu te sens un peu comme le troisième enfant de la famille Osbourne qui n’a pas voulu passer dans l’émission de télé-réalité de la famille et dont personne ne connaît l’existence du coup. François te dit que personne ne connaît plus la famille Osbourne de toute façon. Tu demandes à François pourquoi il ne veut pas te faire tourner dans un épisode du Fossoyeur pour que tu accèdes toi aussi à la gloire. Il répond que ce sera le jour où tu arrêteras de vendre ses affaires sur Le bon coin pour te faire de l’argent. Tu dis que tu vois pas le rapport. Il dit qu’il aimerait bien récupérer sa brosse à cheveux.

Vient le moment où chacun se répartit les pièces qu’il veut aller voir durant les trois semaines de Festival. Virginie te dit que tu peux pas seulement aller voir celle de Nicolas Bedos. Tu lui demandes de cesser de se mettre en travers de votre amour. François empêche Virginie de te taper avec une tong lorsque Belma arrive. Virginie vous glisse rapidement d’essayer de vous comporter normalement « pour une fois » parce que « ce serait bien que Belma ne se désiste pas au dernier moment ». Tu cesses donc immédiatement ton imitation pourtant convaincante de la loutre qui fait tant rire François, afin de maximiser vos chances.

20 minutes plus tard Belma n’est pas encore partie en prétextant une vilaine insolation comme les 4 autres chroniqueurs des années précédentes, qui ne sont jamais allés plus loin que la première réunion de rédaction pour une raison qui t’échappe. Tu décides donc de briefer Belma : tu l’emmènes à l’écart pour lui faire part d’une tradition pour les nouveaux venus. Tu lui expliques qu’il est en effet coutume pour les non initiés d’écrire les critiques pour les chroniqueurs qui sont là à l’année. Comme une sorte de bizutage sympa qu’il serait assez mal vu de refuser. François qui t’a suivi intervient. Il dit à Belma de ne surtout pas faire attention à toi et de ne pas se sentir intimider par lui. Belma dit qu’elle voit pas pourquoi elle serait intimidée. François lui dit que c’est rapport à sa célébrité. Belma lui demande pourquoi il est célèbre. Les yeux de François s’écarquillent et sa bouche tremble, il part s’enfermer aux toilettes. Tu proposes à Belma d’aller voir une pièce ensemble dès le lendemain.

La réunion touche à sa fin. Virginie rappelle les précautions d’usage en vous distribuant à chacun un sachet contenant doliprane, anti-moustique et pansements. Tu remets également le classement de la compétition « Cap ou pas Cap » à jour.  Virginie espère qu’elle fera un meilleur score à l’épreuve de slalom rue des Teinturiers. Tu lui dis que peut-être qu’avec une autre paire de chaussures que des tongs… Virginie vous met dehors avec François. Sur le chemin tu imites la loutre à François qui rit lui même comme une baleine. Les rues se remplissent. Tu prends même un tract exprès sans que François ne te voit. Tu décides qu’il est hors de question que le Festival se mette à faire la gueule cette année. Quitte à lui imiter la loutre aussi pour le faire marrer.

Marie-Caroline Neuvillers.

Quelques mots sur l’auteur:

Marie-Caroline Neuvillers prépare une thèse, et écrit des choses sérieuses le jour pour gagner sa vie honnêtement, puis le soir venu, écrit des choses avec du lol dedans sur le Festival d’Avignon. Elle passe donc son temps à faire semblant de se plaindre alors que dans la vraie vie elle adore les touristes et le mec qui distribue la Terrasse. Mais toujours pas les gens qui disent « en Avignon ».

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