Ad LiBEATum : le jeu des chaises musicales

dans Fest. Avignon 2015

Ad liBEATum

Ad LiBEATum, ce sont trois gars qui doivent amèrement regretter de porter leurs costumes noirs intégraux lorsqu’ils tractent sous le cagnard. Même si, selon certaines sources informées, « ça laisse passer l’air ». Mouais. Mais fi des considérations climato-vestimentaires : Ad LiBEATum, quoi c’est ?

Eh bien, il s’agit d’une performance musicale humoristique menée par une sorte de version cartoonesque et froggy du Blue Man Group. Chacun des trois personnages a une personnalité propre : le timide, l’arrogant, le pataud. L’intrigue pas forcément nécessaire mais rigolote tient sur un timbre déshydraté : ils doivent faire leurs preuves face à un producteur qui se trouve dans la salle et qui pourrait leur proposer la signature d’un juteux contrat. Nos personnages vont donc se démener dans un déluge virtuose d’instruments en tous genres : percussions, xylophones, air playing, you name it.

Le plus marquant de prime abord, c’est le côté millimétré. Au-delà du talent évident des comédiens, le spectacle est composé d’une infinité de détails au timing très précis, dont la mise en place a dû conduire à un bon paquet d’arrachages de cheveux. Le résultat est là, impressionnant de mise en place, foisonnant de petites touches qui font toute la personnalité du show.

Mais par-delà la technique, c’est l’énergie qui l’emporte. Entre morceaux connus revisités et fulgurances originales, ce spectacle revient à la source de ce qu’est la musique : le jeu. Ça joue. Dans tous les sens du terme. Cette dimension ludique est telle qu’Ad LiBEATum n’a aucun mal à emporter le public dans son délire. Et dans un contexte où les salles de théâtres les plus barrées que j’ai connues jusque-là feraient passer le flegme britannique pour de l’excentricité quasi-terroriste, ça surprend. Bon, il faut passer outre les plans du style « Robert chante TOUT le générique de Tetris en même temps que les comédiens l’interprètent sur scène », mais ça reste galvanisant. Pour ne rien gâcher, l’humour est bon enfant sans être lourdingue, ce qui, dans le contexte des créations « tous publics », se fait hélas rare.

Bref, dans le genre spectacle qui fout la banane en sortant, ça se pose là. Et comme il ne reste plus beaucoup de représentations, foncez comme s’il n’y avait pas de lendemain.

François Theurel.

Jusqu’au 26 Juillet au Cabestan, à 21 h 05 (clic, clic, clic)

Quelques mots sur l’auteur :

Après avoir étudié les rapports entre diffusion numérique et cinéma à l’Université d’Avignon, François Theurel s’est mis à faire des chroniques  de films de genre sur Youtube sous le sobriquet du Fossoyeur de Films. Ayant affuté son coup de pelle, il revient ce Juillet dans la Semioteam car, mine de rien, le festival d’Avignon, il aime bien le faire.

 

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