Avec « Rien ne se perd », tout se crée, tout se transforme.

dans Fest. Avignon 2015

Rien ne se perd

Ici, ça récupère, ça transforme, ça recycle tout. Et quand je dis tout, c’est tout. Les costumes et les accessoires sont en boîtes à chaussures, en boîtes de lait, en capsules de café, en paquets de biscuits… Bref, vous l’aurez compris ce que vous jetez, les comédiens en font des costumes. Le résultat est étonnamment classe, à en faire pâlir la Christina Cordula.

Sur scène, un vieux frigo sert tantôt de décor, tantôt de balcon ou de placard… mais jamais de frigo. Le trône de la reine entouré de brosses à water est peut-être le vôtre, vous savez, ce vieux truc que vous avez jeté à la poubelle ?

L’histoire aussi a un goût de déjà vu. Il y a d’abord une princesse naïve, un peu bête avec un léger penchant pour la boisson, sa mère la Reine un tantinet coincée et snob, un vilain puant puis un petit prince courageux mais un peu bébête – disons le clairement – et pour finir le tableau la sœur de la reine, une pin-up jalouse et narcissique . Et tous ceci dans un univers déjanté et entrainant.

Vous l’aurez compris, les codes du conte de la dramaturgie sont ici respectés. L’histoire est donc totalement recyclée. L’originalité est finalement dans le traitement, dans le concept et dans sa mise en scène complètement décalée. Cette pièce est au théâtre ce que le mashup est au cinéma. Les textes passent par le tri très sélectif du collectif la Bouée.

Ils s’entremêlent, on reconnaît parfois du Molière, du Goldoni où du Shakespeare. Certaines fois, on sait plus vraiment d’où vient le texte mais cela fonctionne. Après le théâtre de tréteau, voilà apparaitre le théâtre de poubelle ! Et quel plaisir ! Si le taux de production carbone de cette pièce est très faible, elle ne manque pourtant pas d’énergie. Les répliques fusent, ça rie, ça danse. On se laisse prendre par une bouteille de lait et un frigo comme par les chaussettes parlantes avec deux boutons en guise d’yeux quand on est gosse.

Certains pourront penser que l’exagération et le too much du concept est lassant, pourtant cela rajoute un dynamisme irrémédiable, un humour continu tenant le spectateur en haleine pendant 1h30.

À la fin de la pièce, on ne voit plus une déchèterie, mais un monde enchanté et la magie du théâtre prend place.

Une pièce 100% RÉCUP’, finalement la crise a du bon !

Géraldine Rauzada.

Jusqu’au 26 juillet à 16 h 00 au Pandora à Avignon : clic, clic, clic.

Quelques mots sur l’auteur :

Géraldine Rauzada, alias Natacha, est en deuxième année de licence d’Information et Communication à l’Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse. Curieuse de tout et amoureuse du spectacle vivant, elle rejoint la SemioTeam pour le festival Off 2015 !

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