Chagrin d’amour : touchée au coeur

dans Fest. Avignon 2015

 

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Audrey était partie pour jouer Phèdre mais voilà, Audrey est chiffon : une rupture récente – tout juste 9 mois- et un chagrin d’amour qui ne s’estompe pas. Alors elle essaye tout Audrey, la psychanalyse, la sophrologie, la voyance… Mais rien n’y fait. Alors sur scène, elle ne peut pas se résoudre à aller jusqu’au bout de la tragédie, parce qu’elle a encore besoin de vivre la sienne, au grand dam des autres comédiens, des copines et de la famille qui assurent que ça va passer et de Georges le souffleur.

Chagrin d’amour n’est pas triste, Chagrin d’amour est d’abord drôle et puis émouvant aussi. Audrey Vernon seule en scène (et seule tout court du coup) fait rire autant qu’elle touche. Et le cœur en miettes, l’incompréhension et le deuil de la relation amoureuse, elle l’a sacrément étudié : Freud, Tolstoï, la femme de Tolstoï, Jennifer Aniston ou la Callas, Audrey Vernon est documentée, fine analyste et milite pour le droit au chagrin d’amour. Parce qu’après tout, c’est aussi de ça dont il s’agit : le droit d’être triste, le droit d’être dans le déni, le droit de prendre du temps, beaucoup même s’il le faut quand le conte de fées ne se termine pas comme un conte de fées.

Heureusement le beau spectacle d’Audrey Vernon se termine lui avec un karaoké, des chamallow et un mouchoir, juste au cas où vous auriez trop ri ou eu un peu envie de pleurer.

Marie-Caroline Neuvillers.

Jusqu’au 26 juillet à 19h10 au Théâtre des Vents : clic, clic, clic

Marie-Caroline Neuvillers prépare une thèse, et écrit des choses sérieuses le jour pour gagner sa vie honnêtement, puis le soir venu, écrit des choses avec du lol dedans sur le Festival d’Avignon. Elle passe donc son temps à faire semblant de se plaindre alors que dans la vraie vie elle adore les touristes et le mec qui distribue la Terrasse. Mais toujours pas les gens qui disent « en Avignon ». –

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