Continuité, nouveauté, rosé

dans Fest. Avignon 2015

chat

BON. Comme dirait la princesse Irulan, le commencement est un moment délicat. Spectateur, si tu saisis cette référence, je te fais un bébé sur place. Bref, voici mon premier article pour le Semioblog à l’occasion du Festival d’Avignon 2015. Et, fatalement, paf, se pose la question, je vous le donne Émile, du sujet.

LE SUJET. Par quoi attaquer, bon Dieu ?

Parce qu’après quelques années à couvrir le festival, à déblatérer sur la portée sociologico-lolesque de ses affiches, à jouer à la roulette russe sur un exemplaire écorné et imbibé de rosé de la Bible du OFF, à finir le verre de rosé qui a imbibé ladite Bible du OFF, à voir Marie-Caroline imiter la loutre au gars qui distribue la Terrasse, à slalomer entre des entités suantes et hagardes, à éviter les coupures de papier à chaque coin de rue avec force moulinets, à vaguement fomenter une typologie des différents types de tracteurs, à réfléchir à une manière de reformuler le gag du tracteur qui n’est pas un véhicule ET J’EN PASSE, vous conviendrez d’une chose : il est assez ardu de se renouveler. J’ai aligné mon premier champ des possibles en faisant carton plein au fusil d’assaut.

La review de pièces, ce n’est pas vraiment mon truc. Je désire ardemment faire de l’article thématique, oui Madame. Et Monsieur, pardon Monsieur, je ne vous avais pas vu derrière ce cubis.

Le Festival d’Avignon est, il faut bien l’avouer, un événement très contrasté. Il fait partie de ces festivals assez longs pour que vie quotidienne et vie festivalière s’y entremêlent dans un étrange et fascinant ballet de moiteur alcoolisée. En ressort chez le festivalier, contrairement à des festivals beaucoup plus courts et tassés, une impression d’évolution au cours de la manifestation, voire même de changement. Sauf que, d’une année sur l’autre, on se rend aussi compte que le Festival d’Avignon est un microcosme tellement particulier qu’il donne à chaque fois l’impression de faire un bond dans le temps et de reprendre là où le précédent se terminait. Tout ça tiraille donc dans deux sens opposés. CE QUI REND LES CHOSES COMPLIQUÉES.

Je me retrouve donc à smurfer de désarroi, perdu dans les contradictions qui font la sève du Festival, coincé entre continuité et évolution, à la recherche d’un angle neuf, d’une épiphanie ombragée, d’une cohérence dans le paradoxe et d’un nouveau verre de rosé.

Maiiiiiis (imaginez le trainement de la voix qui marque une transition vers la résolution du récit) je me dis aussi que c’est en battant le fer au pied du mur tant qu’il est chaud que vient la forge, ou quelque chose du genre. Et comme je bats ardemment avec les présentes lignes, je me rends aussi compte que mon prochain sujet, je l’ai déjà jeté sans m’en rendre compte au milieu de cette prose. Ce retournement de situation très spontané vous la coupe, non ? L’échauffement est donc à présent terminé et j’instaure, pour mon édition 2015, le petit rituel que voici : annoncer indirectement dans chaque article le sujet du prochain.

À très bientôt pour quelques lignes sur nos amis les tracteurs, donc.

Et tchin.

François Theurel

Quelques mots sur l’auteur :

Après avoir étudié les rapports entre diffusion numérique et cinéma à l’Université d’Avignon, François Theurel s’est mis à faire des chroniques  de films de genre sur Youtube sous le sobriquet du Fossoyeur de Films. Ayant affuté son coup de pelle, il revient ce Juillet dans la Semioteam car, mine de rien, le festival d’Avignon, il aime bien le faire.

 

A lire aussi

Les pouvoirs du direct - DMPP #4

DMPP #4 – Les pouvoirs du direct

A quoi servent les émissions en direct ? Depuis quand ça existe, pourquoi on aime ça et en quoi

En lire + ...

DMPP #3 – Politique People

Pourquoi les politiques dévoilent-ils leur vie privée ? Pourquoi on vole leur intimité, depuis quand ça existe et comment

En lire + ...

DMPP #2 Pourquoi on regarde la télé-réalité (ou pas) ?

Pourquoi votre maman, votre voisin, votre fils, ou vous-même regardez la télé-réalité ? Hein, pourquoi ? Retour sur 15

En lire + ...

6 commentsOn Continuité, nouveauté, rosé

  • Bonjour,

    Peut être suis je fatigué, mais je n’ai pas décelé le prochain sujet dans le sujet d’aujourd’hui, et cela, malgré une trentaine de relectures. Pourriez vous surligner en jaune (on voit mieux en jaune), le passage où vous parlez du prochain sujet , afin de pouvoir aller directement au sujet suivant? en ceci afin de gagner du temps.

    cordialement.

  • Seriez-vous un peu de mauvaise humeur Môsieur Julien Rochat ?

  • Mais pas du tout!

    Je voulais être le premier à apporter un témoignage de mon intérêt; c’est juste que putain jtrouve pas le sujet dissimulé, j’ai l’impression d’être le dernier du centre de Loisirs à trouver Charlie, c’est humiliant..

  • Quoi? Vous n’êtes pas Charlie?

  • Toute l’équipe du Semioblog vous embrasse fort mon cher Julien 😉

  • J’aurais pensé trouver plus de sollicitations à la première ligne de l’article dans les commentaires ! 😉

    L’abondance de tracteurs, les artistes postés à tous les coins de rues du centre et une effervescence sous-jacente d’un public que je cerne mal – le théâtre étant une forme de représentation qui m’est par éducation totalement étrangère – m’ont toujours fait fuir le festival et d’une manière plus générale l’intra-muros en juillet… quitte à trembler pour aller chercher mes résultats à la fac et malgré une attirance pour cette forme d’événement…

    Peut-être que ce blog me fera braver le charriage de 541 grammes de tracts accumulés par la traversée des rues pendant mon bref séjour cet été.

Laissez un commentaire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Mobile Sliding Menu