Festival 2015 : Le journal de la SemioTeam

dans Fest. Avignon 2015, Medias

Semioteam

Pendant le festival d’Avignon, la SemioTeam du Semioblog a tenu son journal de bord. Puisque toi, lecteur du SemioBlog tu nous as soutenus, que tu as produit du “like”, du “RT” et du “Fav”,  on a décidé de te livrer ce journal tel quel. Le voici, c’est cadeau.

Avignon, premier jour : Il fait 37°, mais ça touche un flyer sans faire bouger l’autre. Nous sommes habités par une motivation inébranlable, ainsi que par les mojitos de la première réunion du Semioblog.

Jour 2 : Les tracteurs tractent. Les salles peinent à se remplir, pas les verres de rosé. Virginie a déjà fait le deuil de sa coiffure en général, et de sa frange en particulier. Au bureau des accréditations, François soudoie une stagiaire pour qu’elle inscrive “Rédacteur en chef” sur son badge. MC réclame qu’on indique “Grande impératrice” sur le sien.

Jour 3 : MC se rend compte que le statut de Grande Impératrice ne lui permet pas d’aller voir des pièces à l’oeil. Elle jette son accréditation dans un bûcher constitué d’exemplaires de la Terrasse puis part à l’horizon (au bar). L’accréditation de Natacha elle, indique “Géraldine” ajoutant à la confusion générale.

Jour 4 : Nous assistons à une “attaque de vieille” : tandis qu’un jeune homme tend un flyer à une mamie, elle lui hurle “AH NE ME PARLEZ PAS DU FESTIVAL” puis tente un coup de genou sauté facial. L’ambulance peine à se frayer un chemin parmi la foule torve.

Jour 5 : Le rythme des spectacles s’accélère. Les stratégies pour ne pas mourir d’insolation dans les files d’attente s’affinent. Le foie commence à se poser des questions.

Jour 6 : Dans la rue, quelqu’un émet le constat qu’il fait chaud. Le poids de l’information hante encore les quelques badauds effarés ayant assisté à la scène. Christine Angot décide de ne pas en parler dans son article pour Libé, on considère ça comme un choix politique.

Jour 7 : L’environnement devient hostile. Les cas de blessures par ripage de tongs sur flyers et rattrapage paniqué aux cartons mal découpés alentours se multiplient. Quelques doigts coupés trainent ça et là. C’est pas notre guerre.

Jour 8 : Géraldine révèle à MC qu’elle ne s’appelle pas Natacha. MC est retrouvée en position latérale de sécurité au Village du Off.

Jour 9 : Le bouche à oreille se met enfin en marche, provoquant émeutes et scènes de lutte devant les billetteries. Au milieu du chaos d’une file d’attente, un mec qui distribue La Terrasse perd soudain tous ses moyens et frappe violemment un tracteur hagard qui lui demandait s’il avait une minute pour parler de son spectacle.

Jour 10 : Les premiers signes de fatigue apparaissent. Géraldine essaie d’entrer à la cour d’honneur avec son accréditation du OFF, Virginie entre et sort en pleurant de “Ne dites pas à ma femme que je suis marseillais” et François est retrouvé errant rue de la République au milieu de la nuit, réclamant une pelle.

Jour 11 : Échauffées par des années de provocation, les cigales de la rue des Teinturiers décident qu’il est enfin temps de protester contre le fait que tout le monde se fout de leur chorale pendant le mois de juillet pour écouter des hippies faire de mauvais remix des “Champs-Elysées”. Elles forment une armée et ne lâcheront rien jusqu’à 3h du matin.

Jour 12 : Gérald Dahan, les Chevaliers du Fiel et Mathieu Madénian proposent de l’argent aux passants pour qu’ils acceptent de se faire signer un autographe.

Jour 13 : C’est la mi-temps du festival. Toute l’équipe se retrouve chez Virginie pour un barbecue debrief. On pleure un bon coup, on se rebooste et tout le monde promet de se ressaisir. La soirée se termine dans la piscine, à sniffer des petits bouts de programme.

Jour 14 : L’équipe est incapable de se lever, malgré une multitude d’alarmes.

Jour 15 : Une bande de festivaliers à longue barbe, petites lunettes rondes et pantalon retroussé parade en ville en clamant à qui veut l’entendre que the place to be maintenant c’est Villeneuve en Scène. Les plus courageux se décident à prendre le bus pour traverser le Rhône. Néanmoins, beaucoup craquent sur le trajet et échouent à la Barthelasse au Festival Contre Courant comme MC, retrouvée deux jours plus tard dansant nue au milieu des champs.

Jour 16 : La pharmacie de la rue de la République annonce être en rupture de stock d’anti-moustique et de Doliprane. Dehors, la foule gronde, la foule a peur. En passant à la Cave des Pas Sages, rue des Teinturiers, nous découvrons que le patron et son employé préféré sont tombés amoureux. C’est un choc, car ils sont (étaient ?) hétéros et mariés chacun de leur côté, mais ils semblent heureux.

Avignon gay

Jour 17 : Virginie compose elle même un cocktail de répulsif à base de punch et de citronnelle. Les ventes s’organisent très vite et Virginie prend peu à peu le contrôle de la ville.

Jour 18 : Il fait encore 53° la journée et 52,5° la nuit. Les pugilats se multiplient rue des Teinturiers grâce à un savoureux mélange chaleur + alcool. Nous ? Nous ne sommes qu’amour et éventails. Tabatha, notre jeune blogueuse nous observe d’un oeil inquiet et nous demande si “tous les adultes sont comme ça, où si c’est propre à notre équipe ?”

Jour 19 : Comme chaque année, François a soudainement l’impression de ne pas avoir assez fait le festival. Virginie se facepalme avec ardeur. La dernière ligne droite festive s’enclenche : le challenge va être de réussir à en garder des souvenirs.

Jour 20 : Le Bal du Off clôt le Festival. Le Bal de la File d’Attente Pour y Entrer (#BFAPE) réussit presque à clôre notre envie d’y aller. L’équipe du Semioblog se déhanche finalement avec ferveur sur la piste, accréditations dans les dents et débardeurs autour de la tête. Seule l’équipe de sécurité, en larmes, sera finalement capable de nous arrêter vers 7h30.

Jour 21 : On se retrouve pour déjeuner en ville. On demande à un ami de nous prendre en photo, le résultat est désastreux car même Monica Belluci ne ressemblerait à rien après avoir passé 21 jours sous 40 degrés. Peu importe. François fait des blagues afin que MC puisse rire comme une loutre. Et ça marche.

MC François

Jour 22 : La ville est un terrain vague caféiné parcouru de quelques zombies hagards luttant contre leur gueule de bois. Le blues post-festivalier commencent à poindre. Fi de lui, nous ferons un dernier apéro et cherchons dans Google quel médecin consulter pour notre foie. À vous les studios.

MC, Natacha, Virginie, Tabatha, François et Guillaume.

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