Proudhon modèle Courbet, l’art mis en abyme

dans Fest. Avignon 2015

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Un voile se lève et nous laisse découvrir une scène merveilleuse. Courbet se tient là devant sa toile, il peint son modèle Jenny vêtue d’un drap.

Nous sommes projetés en hiver 1854. Gustave Courbet travaille avec acharnement dans son village natal, sur « L’Atelier » une toile qu’il espère soumettre au jury du Salon de l’Exposition Universelle à Paris. Pour que son œuvre soit complète, il souhaiterait présenter par-là même, un livret écrit de la main de son contemporain Pierre-Joseph Proudhon.

Mais voilà toute la difficulté de l’entreprise. Les deux hommes ne s’accordent pas totalement sur leur vision du monde et de l’Art. Pour Proudhon, l’art doit être un outil d’émancipation du corps et de libération de l’ouvrier face à la bourgeoisie. Alors que pour l’artiste, l’art libérateur doit être la recherche d’un réalisme pictural, du fort intérieur propre à l’artiste.

C’est donc dans la maison de Courbet que l’arène intellectuelle se construit. Le débat entre les deux penseurs est rapidement rejoint par la féministe Jenny et le paysan-conservateur Georges. Nous nous retrouvons donc plongés dans ce huit-clos philosophique où l’éloquence et la parole sont les seules règles de cet échiquier. Les personnages prennent vie sous la performance de comédiens talentueux, nous faisant prendre conscience que la conception de l’art est irrémédiablement attachée à celle de la vie.

Le texte fonctionne comme une double mise en abyme : celle du tableau et celle d’une réflexion, au théâtre, des rôles de l’art.  “Proudhon modèle Courbet” nous pose aussi des questions contemporaines : pourquoi il ne faut jamais renoncer ? Quel est le rôle de l’artiste au sein de la société ? Et quel est le rôle social des intellectuels ?

Une pièce qui donne de la vie à l’Histoire, une histoire qui nous parle de la vie.

Géraldine Rauzada et Virginie Spies.

Jusqu’au 26 juillet à 12 h 30 au Pandora à Avignon : clic, clic, clic.

Quelques mots sur Géraldine :

Géraldine Rauzada, alias Natacha, est en deuxième année de licence d’Information et Communication à l’Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse. Curieuse de tout et amoureuse du spectacle vivant, elle rejoint la SemioTeam pour le festival Off 2015 !

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