Ubu Roi ou le dépaysement total

dans Fest. Avignon 2015

Ubu roi

Bon, pour vous mettre de suite dans le bain : Ubu Roi est un drame politique complètement déjanté. Si vous êtes fan des tableaux, des scènes et des répliques bien rangés et logiques… Passez votre chemin. Mais si au contraire, vous êtes las du conventionnel et du politiquement correct, c’est par ici que tout se passe.

Ubu Roi est par nature une pièce difficile à catégoriser. La compagnie des Dramaticules aime nous rappeler qu’elle est un classique de l’anti-classique : une œuvre iconoclaste, un tourbillon de chaos ponctué d’injure et de folie humaine.

Sur scène, on ne cache rien : les décors, les costumes, les caméras et même les régisseurs. Le hors-cadre est totalement intégré à la mise en scène. Les régisseurs deviennent acteurs, traversent la scène à leur guise, un projecteur au bout des bras. Plutôt sportif ! La caméra donne à cette pièce une réflexivité sur la représentation. Sommes-nous sur un plateau de télévision ? Assistons-nous à un pièce filmée ? De la même façon, la place du spectateur est remise en question : est-il témoin, spectateur, comédien, décor ou tout à la fois ? Ubu Roi interroge en tout point.

Ubu Roi est l’histoire d’un monstre, celui qui se cache derrière chaque homme. Le père Ubu et la mère se goinfrent, mentent, égosillent, complotent, trahissent, tuent, détruisent… Tous les moyens sont bons pour atteindre le pouvoir et la richesse suprême.

Modernisé et remis au goût de l’actualité, nous pouvons reconnaitre très nettement quelques personnalités historiques du 20e siècle et du 21e siècle. Ici, on ne recherche pas la sacralisation du texte. Il n’est pas figé dans un moment de l’histoire mais nous parle à nous et de notre monde. La mise en scène fait dire autre chose, cet autre chose qui nous parle aujourd’hui et maintenant.

Finalement, l’Ubu Roi de la Compagnie des Dramaticules est mis en pièces, décortiqué, explosif. Les scènes s’entrechoquent et ça décoiffe ! Vous êtes prévenu.

Géraldine Rauzada.

Jusqu’au 26 Juillet au Girasole, à 22 h 40 (clic, clic, clic)

Quelques mots sur l’auteur :

Géraldine Rauzada, alias Natacha, est en deuxième année de licence d’Information et Communication à l’Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse. Curieuse de tout et amoureuse du spectacle vivant, elle rejoint la SemioTeam pour le festival Off 2015 !

 

 

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