L’enfer de Matignon, lorsque la parole humanise

dans Télévision

Depuis plusieurs semaines et pour la dernière fois ce soir, France 5 diffusait « L’enfer de Matignon », une série documentaire dans laquelle 12 Premiers Ministres témoignent de leur expérience à Matignon.

On s’intéresse surtout à la façon dont les Premiers Ministres ont vécu cette exprience, en mettant en avant leur point de vue personnel. Cette série n’a pas opté pour les longs monologues, mais pour une thématisation rendant le montage dynamique. Chaque personne a été filmée dans le même studio et  dans les mêmes conditions. Seul Jacques Chirac a été écarté, car les auteurs ont pensé qu’il était trop attaché à son image de Président de la République. On peut y entendre l’actuel Premier Ministre, François Fillon qui a bien entendu une parole certainement moins libre qu’un Lionel Jospin qui n’a pas terminé d’être en colère contre Chirac.

Ce qui m’a semblé très intéressant, dans cette collection, c’est à quel point la parole humanise les Hommes. Pas au point de rendre Edith Cresson sympathique, bien sûr, mais certainement jusqu’à rendre de l’humanité à des personnes qui semblaient avoir été happées par le pouvoir et son usage. Les failles ressortent, avec les difficultés rencontrées. On y aborde aussi le plaisir qu’il y a à exercer la fonction, et on peut mieux saisir que ces  Premiers Ministres sont des personnes « comme les autres », dans le sens où elles ne sont, et ne peuvent pas être tout à fait parfaites, ni tout à fait nulles. Des Hommes, quoi. Sauf que, habituellement, les médias ne prennent pas le temps de la nuance, et c’est tout le contraire que fait « L’enfer de Matignon », en laissant le temps du discours. Il ne s’agit pas, à mon sens, d’un discours de vérité, car chaque ancien Premier Ministre a revisité l’histoire à sa façon, pour mieux la réécrire. Mais si on passe sur cette relecture historique,  on ne peut qu’apprécier d’entendre cette parole vivante, même lorsqu’il s’agit de Pierre Messmer ou encore Raymond Barre, dont on savoure le sourire et les paroles lorsqu’il raconte son premier jour de « liberté », lorsqu’il a quitté l’enfer de Matignon…

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