Koh Lanta le retour des héros, quand la télé se recycle

dans Télévision

Recycler en hiver des produits de l’été, montrer de la couleur bleue lorsque ça caille, et sortir les maillots de bains alors qu’il est l’heure de faire du ski, le tout avec des personnes déjà connues de la chaîne, c’est le projet du programme de TF1 qui commence ce soir : Koh Lanta, le retour des héros.

Moundir, Jade, Clémence, Tony, Jean-Luc, Philomène, autant de prénoms qui résonnent aux oreilles des téléspectateurs de cette émission qui, depuis 8 ans, animent les étés du public français qui a soif d’aventures télévisuelles. Là, c’est du lourd : le principe est de reprendre les « anciens » ou les « meilleurs », en tout cas ceux qui ont marqué le jeu pour mettre en scène une nouvelle aventure. Cette saison pas comme les autres promet une nature plus hostile, puisque cela se passe « au coeur de la forêt amazonienne ». D’ailleurs, au début de l’émission, on peut voir plein de bestioles qui piquent ou qui mordent, et même « des bêtes qu’on ne connaît pas » (un producteur de télé-réalité ?).

On peut parier sur une belle audience pour ce jeu d’été proposé en hiver. Tout d’abord pour l’évasion, à l’heure de la crise, des réformes en tout genre et d’un hiver rigoureux, c’est d’abord de la chaleur qui peut être recherchée par  les téléspectateurs pour réchauffer leur quotidien. Ensuite, Denis Brogniart promet que, en gros, « ça va saigner », et il peut-être bon de regarder souffrir les autres, pendant qu’on est sous les couvertures avec une bonne tisane… On aime voir les sales gosses dans Super Nanny se faire disputer et leurs parents prendre des leçons, on aime aussi voir des personnage plus ou moins familiers risquer de se faire bouffer les fesses par un croco bien planqué… Et puis il y a les personnages. Déjà attachés à ces personnes ou pas, on peut désormais suivre leurs nouvelles aventures en s’y attachant comme on s’attache à des personnages de feuilletons. On les retrouve chaque semaine, on aime les détester, on déteste les aimer. Du côté des participants, on peut dire que l’avocat Jeremie Assous avait raison, et les participants de ces émissions deviennent vraiment des professionnels de la télé-réalité. Ils y reviennent, finissent par en faire un métier. Certains, on le sait, on vraiment besoin de passer encore à la télé pour continuer d’avoir une existence médiatique ou même une existence tout court. On les peut les voir de temps en temps dans la presse people, mais ils ne sont pas des artistes, et ont besoin d’alimenter leur vie de nouvelles aventures susceptibles d’avoir un écho médiatique.

Autant de raisons, finalement, pour faire du neuf avec du vieux, user le concept jusqu’à la corde et recycler les anciens « héros » (le terme de héros est d’ailleurs très intéressant). TF1 nous explique sa capacité à créer du rêve et du frisson, fabriquer des héros et ensuite les recycler. La télévision tourne en boucle, le monde médiatique s’auto-recycle. Se manger soi-même, cela s’appelle de l’autophagie. Et ce n’est pas signe de bonne santé…

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