Lorsque la télévision salue le cinéma : La cérémonie des César 2009

dans Internet, Medias, Presse people, Télévision

Ce soir, sur Canal+, c’était la 34ème Cérémonie des César. La cérémonie télévisuelle est un genre spécifique à la télévision, et j’ai eu envie de faire avec vous un point sur ce type de programme.

Il existe différents types de cérémonies télévisuelles : on remet des prix pour le cinéma (Les César, Cannes), mais aussi la télévision, la musique (demain soir sur France 2), le théâtre etc. Ce qu’il y a de commun à toutes ces cérémonies, c’est que toutes ces émissions sont extrêmement codifiées. Nous allons ici nous concentrer sur cette cérémonie spécifique : lorsque la télévision salue le cinéma.

Une institution

En premier lieu, on peut dire que la cérémonie des César à la télévision, c’est une institution. Une institution au sens des règles de discours tout d’abord. Ces règles sont connues et admises par tous. Parmi ces règles, il y a par exemple l’annonce des « nominés », ou encore les remerciements qui n’en terminent pas. C’est la somme de ces règles qui conduit à faire le genre, et à reconnaître le programme. Il s’agit ensuite d’une institution au sens d’un événement qui est institutionnalisé. Cela signifie que la cérémonie est portée par des institutions fortes (ici le cinéma et la télévision), et au sens de la tradition. On appréhende ce genre de programme comme une institution traditionnelle, appartenant à notre culture.

Un exercice de communication (réflexif)

La cérémonie des César possède des règles de discours qui lui sont propres : il s’agit d’un discours réflexif. La télévision parle du cinéma, dans une forme de mise en abyme (puisqu’un univers des images parle d’un univers des images). Le cinéma se met donc en scène, il parle de lui, à l’aide de la télévision (canal+), qui est aujourd’hui son principal financeur. Il s’agit donc d’un exercice de communication à très grande échelle, c’est du 7ème art qui parle de lui.

De l’émotion

On le sait, ce qui compte en matière de télévision, c’est le partage des émotions. Le direct est un élément très important de l’authenticité, et donc de l’émotion. L’idée essentielle en la matière est que la personne émue sur le plateau de télévision puisse l’être suffisamment pour que son émotion puisse, comme « traverser l’écran » pour arriver jusqu’au téléspectateur, et le bouleverser. C’est ce qui fait qu’il nous est arrivé à tous de verser notre larme devant une émission, quel qu’en soit le genre. Dans ce dernier cas, l’émotion se juge à l’aune de l’expérience et du partage de cette dernière. Ce qui compte, du point de vue du programme, c’est que le téléspectateur ait le sentiment de partager le bonheur de la personne recevant le César. Nous sommes ici en plein dans le « vivre avec », et la qualité de l’émission semble être au rendez-vous  lorsque l’émotion est l’émotion partagée.

Parmi ces émotions, les hommages occupent une grande place. Le plus souvent, ce sont les personnes décédées dans l’année qui sont évoquées : Claude Berri, Guillaume Depardieu, Jacques Villeret. Il y a ici toujours une drôle de sensation, celle d’une tristesse comme partagée pour des personnes que nous pouvions avoir l’impression de connaître « en vrai », alors que parfois on ne se rappelle même plus qu’elles sont mortes. Mais qui a dit qu’il fallait être cohérent, lorsqu’on regarde la télévision ?

Du rire

Il ne faut pas oublier par ailleurs qu’il s’agit ici avant tout d’un spectacle. Il faut qu’il y ait du « show », même si nous sommes loin de la mise en scène d’une cérémonie télé américaine. Si la plupart des sketchs des acteurs de cinéma sont un peu tombés à l’eau ce soir, ceux de comédiens de théâtre ou one man show étaient souvent très drôles. Je pense par exemple au sketch de Florence Foresti ou à celui de l’excellente Julie Ferrier qui s’est fait passer pour une pétasse sans cerveau venant remettre un César et perdant son décolleté.

Enfin, pas de cérémonie des César sans les hommages à des personnalités encore vivantes et venues de loin : ce soir c’était au tour de Dustin Hoffman, qui a tenté de conclure son discours en disant qu’il n’a pas encore terminé. Ni sa vie, ni sa carrière. Oui, parce que les hommages sentent parfois le sapin, ce qui ne pouvait être le cas ce soir, cet immense acteur semble avoir sa carrière devant lui.

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