Laeticia Hallyday nue, ou pourquoi la presse déshabille les people

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Cette semaine, encore une people nue (ou presque) à la une : C’est Laetitia Hallyday qui vous regarde droit dans les yeux en cachant ses seins que l’on ne saurait voir grâce à un p’tit paréo sympa. Voir les people à oualpé à la une de la presse m’amuse toujours, autant que cela me désespère. Essayons d’y voir plus clair, juste derrière le paréo.

La couverture : Accrocheuse, celle-ci s’exprime comme une invitation. La jeune femme. Non pardon, la »jeune maman » nous invite à acheter le mag, pour en voir plus à l’intérieur. On pourrait y accrocher une petite bulle façon B.D. : « allez, ouvre ce magazine, j’y retire le paréo, je suis coquine, belle et heureuse ». D’ailleurs, une petite image le confirme en bas de la couverture, puisqu’on y voit Laetitia couchée sur la plage, seins nus, comme si elle rampait mais là s’arrête la ressemblance avec le parcours du combatant. Les couleurs de fond expriment la pureté : ciel blanc/bleu faisant ressortir la sirène rose et dorée, et mer bleue pour nous rappeler que c’est bientôt les vacances. Le titre « Laetitia Hallyday mise à nu / Pour notre spécial beauté » est également porteur de sens. En premier lieu parce que « mise à nu » parle certes de la nudité, mais porte aussi plusieurs sens, puisque la « mise à nu » peut également être psychologique, pas de risques alors, sauf lorsqu’on ajoute le texte à l’image, le nu semble être alors physique. Mais la phrase « Pour notre spécial beauté » corrige les mauvaises pensées et les pardonne sans l’aide de Ségolène Royal, puisque Laetitia est certes nue et même « mise à nue », mais pour une numéro « SPECIAL BEAUTE », donc il n’y a rien à craindre. Ouf… Allons voir plus loin.

A l’intérieur de Gala, on se demande ce qu’on va bien pouvoir trouver. Il s’agit apparement de 24 pages de Laetitia sous toutes les coutures. Mais en fait, c’est une immense page publicitaire, dont la jeune femme est le porte manteau. Elle se découvre, montre son ventre, ses fesses, ses seins (le plus souvent isolément et sans vulgarité). Dans le même temps, une « interview » de deux pages justifie les raisons de ces photos. Dans ce type de magazine et de photo-reportage, la femme sexy est toujours une mère parfaite, et ici, on ne déroge pas à la règle : On parle de clichés photographiques et de charme, ce qui change pour cette « maman dévouée corps et âme à ses bambins et à son mari ». D’ailleurs, pour elle « la famille est sa raison d’être », ce qui ne l’empêche pas d’être « glamour ». Après avoir expliqué que ça n’a pas été simple de « se dévoiler », elle donne, à la fin de l’interview, une liste de produits qu’elle utilise pour « chouchouter son corps ». Ces 24 pages forment donc une immense page de pub qui, espérons-le, ne trompe pas les lectrices. Le nu de la couverture ou celui des images ne servant qu’à vendre dans un premier temps du papier, et ensuite de la publicité.

Toute qualité physique montrée renvoyant à une imperfection probable de la lectrice trouve une réponse dans un espace publicitaire : de la crème pour un ventre plat, un shampoing pour des cheveux parfaits, un fond de teint pour une mine couleur soleil. Nous sommes en plein dans le facteur d’identification : On parle à une lectrice supposément mère de famille, mère dévouée (jamais indigne et toujours parfaite), mais qui peut aussi être une femme sexy, une maîtresse, la perfection en somme. Oui. La perfection se décrit ici comme si on devait être tout à la fois. Belle, sexy, mère « dévouée ». Voici en somme ce que la société médiatique et même la société toute entière nous disent. C’est le format total : « si tu n’es pas dévouée à ton mari et canon à Saint Barth’, t’as raté ta vie. Oh ! Tu peux encore acheter les produits vantés dans Gala pour tenter de te rattrapper un peu sur le rêve, mais tu sais par avance qu’il est perdu ». Encore un récit du bonheur qui raisonne à l’aune du fantasme sur papier glacé et du prix à payer.

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One commentOn Laeticia Hallyday nue, ou pourquoi la presse déshabille les people

  • Je ne suis point attirée par la description: “maman dévouée corps et âme à ses bambins et à son mari”. En plus, ma famille n’est pas ma raison d’être. Mauvaise mère? Peut-être. J’adore mes enfants mais j’ai une raison d’être encore plus importantes qu’eux.

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