Nouvelle star, un programme phare pour M6

dans Télévision

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Ce mardi soir, c’était le premier numéro de la huitième saison de La Nouvelle Star. Malgré une érosion de l’audience, cette émission continue à connaître le succès, essayons de voir pourquoi :

. Non seulement elle a la réputation d’être un programme de qualité (on parle de ses exigences musicales, en la comparant souvent à la Star Academy qui ferait plutôt dans la variété au sens négatif du terme). Pour cela, M6 joue gros avec La nouvelle Star, devenue un programme phare du début d’année. Il s’agit d’une émission qui porte en elle toute l’identité de la chaîne : elle rassemble les familles, tout en visant essentiellement les jeunes, elle apporte donc des annonceurs, et un marché publicitaire conséquent. Cette émission est devenue une vitrine pour M6, j’en veux pour preuve son de jour de diffusion, puisqu’elle occupe depuis l’année dernière la case du mardi soir, un jour très important pour la chaîne, celui qui rassemble les familles devant le petit écran, car le lendemain, il n’y a pas école. Ça, c’est du point de vue de la chaîne.

. Voyons maintenant le côté du public. Ce programme est attendu par les téléspectateurs pour plusieurs raisons. Il y a tout d’abord les fidèles qui, d’année en année se sont attachés à Christophe Willem ou ont détesté Miss Dominique (ou l’inverse, peu importe), qui se sont énervés après Marianne James et kiffé Manu Katché (ou l’inverse aussi). Ceux-là sont exigeants envers l’émission, comme lorsqu’on se prépare à regarder la 8èmesaison d’une série qu’on aime. C’est d’ailleurs le second élément qui fidélise le public : l’aspect feuilleton de La Nouvelle Star. D’année en année, on est dans l’attente, on se demande ce que va nous réserver la nouvelle saison, comment seront les jurés, et les candidats, etc. Mais le feuilleton est surtout très fort semaine après semaine, car La Nouvelle Star, dans le fond, est une sorte de série du réel, dans laquelle on met en scène une histoire vraie, et qui s’écrit devant le petit écran : on a envie d’en savoir plus, on est pressés que la pub soit terminée, pour savoir si ce jeune homme ne va pas se louper, ou si cette jeune fille va se vautrer, bref, cela donne envie de suivre « l’aventure ». Oui, car il est toujours question, dans ces émissions, d’une « aventure ». Il s’agit de « poursuivre l’aventure » (ce qui signifie aller à Paris), « quitter l’aventure » (ce qui veut dire rentrer chez soi), etc. Dans les feuilletons, il y a une chose essentielle, c’est l’attachement : on aime Dr House, ou encore les Desperate Housewives parce qu’on a envie de suivre les aventures des personnages. Et dans le fond, c’est exactement la même chose pour La Nouvelle Star : le jury est composé de personnages attachants, présentés au début de l’émission comme des « experts », avec chacun des atouts différents et une forte personnalité. On peut toujours se retrouver, dans l’un où l’autre des personnages, comme on peut se retrouver, dans Bree Van De Kamp ou Lynette Scavo. Attention ! Je ne suis pas en train de dire que La Nouvelle Star est une fiction ! Il s’agit d’un « jeu », et c’est bien rappelé au début de l’émission, lorsqu’il s’agit de redonner « les règles du jeu ». Mais ce jeu a la particularité d’être tenu par un jury composé de quatre personnes qui occupent une place essentielle dans le succès de ce programme, ils tiennent même les rôles principaux. Philippe Manœuvre le confirmait d’ailleurs sur Canal+ l’année dernière, en disant que « le jury constituait les quatre roues du carrosse », tandis que la présentatrice « fouettait les chevaux ».

Nous sommes depuis un moment entrés dans l’ère d’une télévision qui présente ses programmes comme des produits, car ils sont en effet des produits comme les autres : on peut comparer la promo. de cette émission à la promotion d’un nouveau yaourth : il s’agit d’expliquer les bénéfices (symboliques) qu’il y a à la regarder, et ensuite de donner envie de revenir, comme lorsqu’une grande marque de produits laitiers vous explique que ce yaourth est agréable à manger, mais qu’en plus, il vous fait maigrir (nan, là c’est un exemple fictif, hein). Emission ou yaourth, l’ère du marketing ne doit pas nous amener à confondre les produits les uns avec les autres, mais bien à observer que les techniques marketing s’apprennent, qu’elles se ressemblent, et que nous sommes dans une logique de la consommation de produits, qu’ils se mangent ou non. En ce sens, on développe une forme d’attachement aux objets, qu’il s’agisse d’attendre impatiemment une émission de télévision ou de se précipiter pour acheter le yaourth tant convoité. Alors consommons ! Mais en le sachant…
Ce texte a été publié sous une forme quasi-similaire en 2009, sur le Sémioblog et sur LePost.

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