Festival d’Avignon, « Avignon/Rue de Rivoli, même combat » par Cécile Guthleben

dans Fest. Avignon 2011

Pendant le mois de Juillet, le Semioblog vous invite au festival d’Avignon. Aujourd’hui Cécile Guthleben nous parle des difficultés de circuler à pied à Avignon pendant le festival…

En bonne Parisienne d’adoption, en sept ans, j’ai appris à dompter la ville. Je connais les arrondissements à éviter, les endroits sympas où sortir etc. Et surtout, surtout, j’ai compris que le samedi après midi, il faut à tout prix éviter la rue de Rivoli, les Grands Boulevards, le faubourg St Antoine, les Halles et j’en passe. Car ces lieux concentrent à eux seuls tous les parisiens : les célibataires, les couples, les familles, les vieux ;  mais aussi les banlieusards et les touristes. En un mot, c’est l’enfer.

Le problème, c’est qu’à Avignon, pendant le Festival, c’est comme ça toute la journée. Tous les jours. Avignon, si paisible le reste de l’année se transforme en une masse grouillante, hurlante et transpirante. Beurk. Et là, je comprends pourquoi les Avignonnais se plaignent.

A Paris, quand je suis forcée de quitter mon petit appartement douillet et bien tranquille pour affronter la ville un samedi, j’enclenche le mode « survie ».  A côté, « l’aventure dans un monde hostile » promise par Koh Lanta ou Pékin Express, c’est Disneyland. Tête baissée, démarche rapide et assurée, slaloms entre poussettes, déambulateurs et japonais. Le tout, coudes en avant, prête à défoncer les omoplates de n’importe qui.

Mais à Avignon, impossible. La foule m’exaspère tout autant, et pourtant, non, j’ai laissé le mode « survie » à Paris. Le stress aussi. Avignon, c’est les vacances. Alors, je m’accommode, je prends mon mal en patience quand un black a décidé de poser son djembé au milieu d’une petite rue piétonne, que des dizaines de personnes ont formé un cercle autour de lui, qu’un scooter essaie de passer et qu’une parade arrive sur un char. J’attends, ou je me faufile, mais gentiment, en laissant mes coudes à leur place. Parfois même, je m’arrête moi aussi pour écouter un groupe de percussions ou une fanfare qu’on croirait tout droit sortie d’un film d’Emir Kusturica. Je ne me reconnais plus.

Alors qu’à côté de moi, ma copine autochtone ronchonne et a, elle, activé le mode « survie ».  J’essaie bien de la raisonner, de la calmer, de lui glisser un « c’est les vacances » à l’oreille, rien n’y fait. Et là, je me dis, merde, c’est à ça que je ressemble quand je suis à Paris. Il va peut-être falloir penser à se calmer.

Mais on verra ça en septembre. Là, j’ai un spectacle à voir et une bouteille de rosé à acheter, en prévision de l’apéro de ce soir. Rosé que je ne peux boire que dans le sud, mais ça, c’est une autre histoire…

Cécile Guthleben.

Quelques mots sur l’auteur :

Cinéphile à la plume vengeuse Cécile Guthleben n’hésite jamais à faire part de ses coups de coeur et de ses coups de gueule. Alsacienne d’origine, Parisienne d’adoption et Avignonaise de coeur, elle saute dans le TGV dès qu’une occasion se présente pour rejoindre les rives du Rhône. Vous pouvez aussi la suivre sur Twitter ici : Clic, clic, clic.

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