Festival d’Avignon, « Ébouriffante Cantatrice chauve » par Cécile Guthleben

dans Fest. Avignon 2011
Crédit photos : Pierre Hennequin

Pendant le mois de Juillet, le Semioblog vous invite au festival d’Avignon. Pour les lecteurs du Semioblog, Cécile Guthleben a vu La cantatrice chauve.

« A propos, et la cantatrice chauve ? » Réponse « Elle se coiffe toujours de la même façon ». Génie d’Eugène Ionesco. Souvenirs de la mise en scène de Nicolas Bataille, jouée au Théâtre de la Huchette à Paris depuis sa parution. Classique, mais efficace. Vu il y a presque 10 ans.

Avignon. Deux Cantatrice Chauve, en choisir une plutôt que l’autre. Pourquoi ? Va savoir.

« C’est parce que nous habitons dans les environs de Londres et que notre nom est Smith. »

 

Opter finalement pour la version d’Augustin Bécard à la Caserne des Pompiers (clic, clic, clic).

Folie de la mise en scène. Des didascalies dites à vue par l’interprète de Mary la bonne (Hélène Géhin) calée dans un petit coin et joliment éclairée. Cantatrice à ses heures, chœur à d’autres. Et puis personnage, bien sûr, grâce à un seul accessoire qui change tout. Des jeux de lumières colorées partout sur le plateau, offrant au sol noir un grain de folie. Des espaces qui se transforment et se créent au gré du déplacement du morceau de lino géant par les comédiens.

« Comme c’est curieux, comme c’est bizarre et quelle coïncidence. »

Folie des costumes. Tunique à paillettes, talons aiguilles pour tout le monde, hommes compris. Sous vêtements Union Jack fièrement exhibés. Et particulièrement bien portés.

« Seule la marine est honnête en Angleterre. »

Folie de la musique. Partition écrite ou improvisation ? Tantôt claviériste ou capitaine des pompiers. Parfois horloge, aussi. Quand la musique enivre les corps et provoque sursauts et tremblements. Quand les notes hypnotisent.

« Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux. »

 

Folie des comédiens. Folie du jeu, folie des corps. Puissance et intensité. Voix fortes, répliques qui fusent. Les uns et les autres. Les uns avec les autres. Les uns pour les autres. Et le charmant accent anglais (ou américain) de Mme Martin (June McGrane). Les yeux noirs cerclés de khôl de M. Smith (Valéry Plancke) qui vous transpercent. Le physique de Mme Smith (Catherine Bussière), muscles et veines saillantes. Quel âge peut-elle avoir ? Vouloir connaître son secret.

« Mon vrai nom est Sherlock Holmes. »

Théâtre contemporain ? Pas vraiment. Théâtre de l’absurde. Assurément. Théâtre physique. Aussi. Spectateur décontenancé. Au premier abord, étonné. Sortir, non. Pas déjà. Rester. Apprivoiser l’univers. S’y faire sa petite place à soi. Au milieu de cette folie.

Cécile Guthleben.

Quelques mots sur l’auteur :

Cinéphile à la plume vengeuse Cécile Guthleben n’hésite jamais à faire part de ses coups de coeur et de ses coups de gueule. Alsacienne d’origine, Parisienne d’adoption et Avignonaise de coeur, elle saute dans le TGV dès qu’une occasion se présente pour rejoindre les rives du Rhône. Vous pouvez aussi la suivre sur Twitter ici : Clic, clic, clic.

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