Festival d’Avignon, « Les copains d’abord », par Stéphanie Barquet

dans Fest. Avignon 2011

Pendant le mois de Juillet, le Semioblog vous invite au festival d’Avignon. Aujourd’hui, Stéphanie Barquet, nous parle de l’importance de la présence des copains, dans le tumulte du festival.

Ah le Festival !

Bien sûr, la ville se transforme, met son habit de papier. Trois semaines durant, Avignon telle une parade géante incessante et perpétuelle devient ogresse et nous dévore.  La population triple, quadruple, centuple. Et mon fils, au coin de la rue que nous empruntons chaque jour, s’écrie tout à coup : « Maman ? On est où là ?! ».

Bien sûr les bruits du festival si chers à Tata Carine « cacophonent » et le programme du Off pèse 3 tonnes. Je le feuillette, je le referme en me disant « Bah, je vais attendre le bouche à oreille ». Bien sûr  la queue au Cloître Saint-Louis est interminable.

Bien sûr  je fais partie de ceux qui  trépignent, qui ont hâte, qui adoooooorent le Festival quand les autres se crispent et s’énervent à coup de « J’en peux plus » alors même que le Festival n’a pas encore commencé.  Ceux-là, quand ils le peuvent,  s’exilent en louant leur home sweet home à prix fort (le Festival a parfois les avantages de ses inconvénients).

Il faut dire que traverser la rue d’la Ré c’est souvent se sentir comme une boule de flipper jamais très loin de faire tilt (et ne commencez pas à fredonner la chanson de Corynne Charby…)

Bien sûr je choisis de manière stratégique ma table en terrasse pour dîner ou déjeuner. Il n’empêche qu’au café je retrouve enfin mes clopes sous un amas de tracts.

Mais ce que je préfère dans le Festival c’est le grand débarquement des copains qui ont tous choisi ma petite ville du sud comme point de ralliement. Ils débarquent seuls ou à plusieurs, les uns après les autres. A chaque semaine son arrivage. Et je réceptionne au sens propre comme au figuré.

Je vais chercher les novices à la gare, je rejoins les habitués en ville. Je déplie le matelas au milieu du salon et je fais le plein de vin frais, tomates, melons et autres Mars glacés !

Il y a les copains connaisseurs qui arrivent avec  un joli programme étudié à l’avance. Bien souvent ce sont eux qui me guident. Nous nous goinfrons  4 ou 5 jours durant, de spectacles, batailles, performances, installations, concerts. ..Tout y passe ! Nous sommes boulimiques, frénétiques et … fatigués !

Avec ces copains là, on refait le match, on n’est pas d’accord, on argumente en faisant nos experts et ça nous fait bien marrer. Nous rigolons  moins quand le spectacle nous touche, quand nous nous surprenons à déglutir au même moment et  que nous restons plusieurs minutes à ne pas pouvoir se parler à l’issue du spectacle… Comme nous sommes heureux alors d’avoir partagé cet instant précis. Il viendra alimenter la longue liste de « nos moments ».

Il y a aussi les copains que je croise par hasard, souvent à point d’heure, vite, vite entre deux spectacles.  En général ça donne des : « T’es là ? », « Ben oui comme d’hab ! », « T’as déjà vu des trucs ? », « Oui j’ai vu ça, ça et ça. Ah,  et puis ça aussi. Bon je file, je suis en retard ! », « Ok. Bisous. On se recroise ? », « Bien sûr ». On ne se recroisera pas.

Il y a également les copains avignonnais : on habite dans la même ville et on ne se voit qu’à l’occasion du festival.

Il y a les copains absents, avec qui jusqu’alors, je n’avais  jamais manqué un festival. Jamais. Je pense à eux, ils me manquent mais ils sont toujours un peu là quand vient l’émotion.

Enfin, il l y a les copains imaginaires : ce sont les auteurs et les artistes avec qui je me sens une connivence. Par exemple je suis allée écouter la conférence de presse de  Jeanne Moreau et Etienne Daho avec une amie.  Et bien, Mademoiselle Jeanne, j’en ferais bien une copine !

Et  lorsque la ronde des copains du festival cesse ça me fait comme un 1er août : Je me sens comme une affiche à terre.

Stéphanie Barquet.

Stéphanie Barquet souffre d’un dédoublement de personnalité pendant le Festival : elle croit être jeune et libre de courir les spectacles alors que dans les faits elle a toujours un pet de travers, est pacsée, a deux jeunes enfants et occupe le poste de chargée de mission au sein de la société Avignon Tourisme.

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