Mythologies : Barbie par Jennifer Vasse

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Créée en 1959 par Mattel, la poupée Barbie, (29cm de plastique représente) la beauté féminine parfaite et intemporelle.  Aujourd’hui plus d’un milliard de poupées se sont vendues et sont disponibles dans 150 pays. Depuis 5 décennies, Barbie est une star inconditionnelle chez les petites filles mais reste très critiquée par des féministes et psychologues.

Ce jouet a favorisé une projection vers une vie d’adulte qui n’a plus rien à voir avec le geste maternant que l’on pouvait retrouver avec les poupons. Auparavant, jouer à la poupée avait pour rôle de préparer les petites filles à leurs fonctions d’adulte : devenir mère. Aujourd’hui, ce jeu s’est transformé en séduction et relooking.

Barbie est une poupée au corps d’adulte idéal, bien ancré dans la société. Le but de ce jouet est d’habiller et de déshabiller, cette « pin-up » sexuée. Cela entraîne une addiction au commerce de vêtements car ce mannequin suit la mode. Cette poupée mythique devient donc le symbole de la beauté et de l’idéal féminin lié à la société de consommation. Elle est l’incarnation des icônes de mode tel que le sex-symbol Marylin Monroe.

Barbie est blonde, ultra féminine : elle a de longues jambes de rêve, une taille de guêpe, un visage enfantin sans aucune imperfection, un sourire enjôleur permanent, un regard de braise, bleu azur. C’est la femme parfaite, inégalable.  Personne ne peut ressembler à Barbie. Elle a plus de 50 ans et n’a pourtant aucune ride. C’est son inaccessibilité qui fait son succès. Selon des scientifiques, qui ont étudié la morphologie surnaturelle de Barbie, si cette poupée était réelle, elle serait encore plus maigre qu’une anorexique.

La vie de cette poupée plastifiée se résume à être une jeune femme riche, passer ses journées à faire les boutiques, vivre dans des lieux somptueux, entourée de pleins d’amis avec lesquels elle discute shopping, coiffure et manucure ainsi que son petit-ami : Ken. C’est un Apollon au physique parfait. Elle a une vie de rêve en apparence mais très fade et ennuyeuse finalement. L’histoire de cette Barbie enseigne aux petites filles la superficialité du monde où tout est basé sur le paraître. Cette poupée à la plastique parfaite peut donc être considérée comme une femme-objet, fantasme des hommes machistes et misogynes. Dans le monde de Barbie, le matérialisme est roi et la futilité maîtresse.

On peut tout de même constater que Barbie évolue pour rester sur le devant de la scène, et son physique se transforme avec les normes de la société actuelle. Depuis 1965, les créateurs de cette poupée ont décidé de faire évoluer son physique tous les sept ans. Elle devient de plus en plus bronzée voire même métissée, ses cheveux sont de plus en plus long, elle entre dans le domaine professionnel et a des amis aux profils variés. En 1998, sa taille s’arrondit , elle est de moins en moins maquillée pour avoir l’air un peu plus naturelle. Elle reste tout de même au goût du jour en adoptant des accessoires tendances tels que les piercings. Aujourd’hui, il existe des poupées aux courbes plus rondes pour lutter contre l’anorexie et  certaines sont même handicapées. Cela peut paraître bizarre de vouloir jouer avec une poupée malade mais cela permet d’enseigner aux enfants que tout peut arriver et que le monde n’est pas aussi utopique que l’on a voulu le faire croire pendant de nombreuses années. La Barbie, qui pouvait paraître soumise auparavant devient indépendante. Elle a sa propre voiture, elle exerce de nombreux métiers très nobles comme médecin, elle est célibataire et a une vie sociale réussie. Barbie devient la jeune femme parfaite des années 2000.

Les petites filles prennent en exemple cette poupée stéréotypée et souhaitent lui ressembler. On a découvert en 1995, qu’il existe un « syndrome Barbie ». Ce mythe donne donc une fausse image du réel. Il donne l’image de la perfection, seulement personne n’est parfait. Elle créée ainsi des complexes dans la tête des jeunes filles où l’apparence domine. La notion psychologique est très importante car de plus en plus d’adolescentes deviennent anorexiques ou veulent avoir recourt à la chirurgie esthétique pour ressembler à leur poupée préférée. On peut prendre pour exemple Paris Hilton, la poupée mannequin enfermée dans sa prison dorée (clic, clic, clic).  Pire encore, Cindy Jackson américaine qui a subi plus de 50 opérations de chirurgie esthétique pour ressembler à son idéal féminin : Barbie.

Mais cette icône parfaite reste toute de même inégalée et transforme de nombreuses femmes en pâle copie de cette femme objet. La chirurgie esthétique profite donc à cette mauvaise évolution de la femme.

On peut même se demander qui veut ressembler à qui, car les petites filles veulent devenir cette jolie jeune femme mais Barbie veut ressembler aux femmes d’aujourd’hui en suivant les évolutions socio-culturelles. Elle suit les modes, les coutumes, les habitudes prenant exemple sur les femmes modernes indépendantes. Barbie reste fictive mais ce mythe s’installe facilement dans les esprits des demoiselles qui ont un regard moins critique sur ces poupées. Ce produit marketing fait rêver les filles en les projetant dans le futur.

Barbie produit un univers superficiel, et cette poupée fait controverse spécifiquement chez les féministes pour les valeurs qu’elle véhicule. Barbie a cependant évolué et malgré toutes les critiques dont la firme a du faire face, la poupée se vend toujours autant. De plus, Mattel suit l’évolution du contexte socio-culturel des pays avec des poupées plus naturelles, plus rondes. Barbie se diversifie, la beauté n’est plus réservée qu’aux blondes avec une allure parfaite mais les amis de celle-ci sont afro-américaine, métissée ou même gay.  Par ailleurs, le « sois belle et tais-toi » ne concerne plus Barbie car maintenant ce n’est plus la petite princesse dans son château, en attente du prince charmant mais bien une femme dans l’air du temps. Barbie est indépendante et inaccessible : c’est l’incarnation de la femme fatale aux allures angéliques. Ce produit de consommation veut ainsi responsabiliser les petites filles en faisant de la publicité pour la WWF ou la Croix-Rouge. On est donc loin de abêtissement et de la superficialité qu’a connu Barbie à ses débuts. Cette poupée reste un mythe incontestable et inconditionnel. C’est le jouet intemporel par excellence, même si nous savons que Barbie reste un produit issu de l’imagination et des fantasmes des adultes.

Jennifer Vasse.

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