Clôture du Forum 2012 : un pari qui reste ouvert

dans Forum d'Avignon 2012

Devant une assemblée clairsemée par un Vendredi soir qui, entre le débat flou sur la transmission intergénérationnelle et le show d’Etienne de Crécy à l’Opéra-Théâtre d’Avignon, a été particulièrement rude, la dernière session du Forum s’ouvre en ce Samedi matin pluvieux.

Cette demi-journée de clôture est notamment consacrée au temps.

Le temps de la mémoire tout d’abord, particulièrement à travers le cas de la transmission de la mémoire de la Shoah, mais également le temps des modes de vie numériques à travers la figure de l’Homo Connexus, individu au mode de vie marqué par les technologies dématérialisées et qui se trouve au milieu d’une nébuleuse de temporalités différentes. Les temps de l’information, de la consommation et de la création, tous résolument différents, se trouvent ainsi mis en tension de manière croissante. Parvenir à concilier accélération, innovation, viabilité des modes de vie et pertinence des comportements s’avère alors, à l’ère numérique, plus que jamais indispensable. Clin d’œil involontaire à l’imminente sortie du Hobbit de Peter Jackson, la persistance du terme « terre du milieu » dans les débats illustre la nécessaire recherche de cet équilibre délicat.

Cette session consacrée au temps permet également de se poser la question de la temporalité du Forum et de son (peu d’)évolution depuis 2008.

Comment expliquer l’étrange mélange de réflexion et de déception éprouvé à l’issue de chaque édition du Forum d’Avignon ? Peut-être la déception est-elle due à un malentendu sur la nature de la manifestation. L’observateur ne peut s’empêcher d’espérer que s’y prennent des décisions notables ou, du moins, que s’y ouvrent des perspectives résolument novatrices. D’où un agacement certain lorsqu’une partie des échanges se focalise sur une célébration parfois un peu naïve de la culture. La diversité culturelle et le numérique, c’est bien, certes. Qui dans cette assemblée en doutait ? Au milieu de tout ça, certaines interventions restent des modèles d’intelligence et on ne peut qu’être d’autant plus frustré qu’elles n’occupent pas plus de place.

Cet agacement légitime face à cette sensation de décalage revient toutefois à faire un mauvais procès au Forum, mastodonte logistique à l’ambition démesurée au vu de ses sujets. L’événement a une portée avant tout symbolique. Le Forum est une interface et non une finalité. Sa portée effective se trouve dans la mise en connexion de différents acteurs des mondes de la culture, de l’économie et des médias. Le Forum est une tentative d’amorce, non un résultat. En cela, espérons que ces mises en connexion aboutiront à d’importants projets qui bénéficieront de l’espace et des moyens nécessaires pour se développer. Quatre ans après la première édition du Forum, on en vient à l’éternelle même conclusion, compréhensible mais laissant toutefois le participant sur sa faim : seul l’avenir le dira.

François Theurel

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