Les données personnelles culturelles

dans Forum d'Avignon 2013

Il semblait difficile au cours de édition 2013 du Forum d’Avignon de ne pas parler plus en détail des données personnelles culturelles quand les termes d’open data et big data semblent chaque jour un peu plus présents. L’objet des discussions de cette dernière matinée portait donc, entre autre, sur les données personnelles culturelles et sur le fait que celles ci soient désormais intégralement constitutives de notre identité numérique. Il s’agissait ici donc ici d’aborder d’une part les enjeux que ces données représentent en terme de valeur commerciales mais également de ce qu’elles peuvent apporter dans l’expérience de l’utilisateur en dépassant ainsi la valeur économique pour celle de l’usage.

Les données personnelles culturelles paraissent ainsi être des données bien plus « intimes » et seraient alors révélatrices de ce que nous sommes, de nos goûts et leur donneraient ainsi de base une plus grande valeur sur le marché. Ce postulat octroie de ce fait à ces données une valeur sur le marché particulièrement importante et font qu’elles représentent un attrait important pour les grands acteurs digitaux. Mais outre ce que ces données sont pour les entreprises et les manières dont celles-ci les exploitent (point ô combien délicat), s’interroger sur la façon dont elles sont maniés par les utilisateurs mais également par les créateurs semble être un questionnement tout aussi intéressant.

Ainsi, si le fait de connaître son public et ses goûts a existé bien avant l’ère du numérique, les collectes de données personnelles culturelles tendent à redéfinir cette notion. Il s’agit à présent pour l’artiste, non seulement de savoir bien plus précisément de qui est composé son public et de le comprendre mais  aussi de disposer d’un outil permettant d’aller à la rencontre d’autres publics, et pour les acteurs de la culture comme pour ses « consommateurs » d’élargir de cette manière ces horizons sous la forme de recommandations.

Cependant, il semble être systématiquement supposé que l’utilisateur donne implicitement son accord pour l’exploitation de ses données personnelles dès lors qu’il a recours à l’un de ces services. La notion d’éducation du consommateur à ces pratiques semble alors indispensable désormais. Tout comme les entreprises exploitant ces données devront équilibrer l’aspect « automatisé » avec celui de l’humain : nos actions et commentaires sur le web ne reflètent pas nécessairement nos opinions, et pour l’utilisateur, la valeur perçue en ayant recours à ces services devra toujours dépasser le « coût » que représente le fait de s’y dévoiler.

Marie-Caroline Neuvillers

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