L’être et le « Néon », ce que le tube nous enseigne par Laure-Hélène Swinnen

dans Internet, Presse écrite

Ouvert aussi aux « sémiologues en herbe », le Semioblog diffuse des courtes analyses d’émissions de télévision. Aujourd’hui, Laure-Hélène Swinnen nous parle du magazine « NEON »

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Le groupe « Prisma Media » a lancé en mars 2012 un nouveau magazine, à destination des 25-35 ans, intitulé « Néon ». Il cible, comme mentionné sur la couverture, les « nouveaux adultes ». Comprenez par là, aussi bien les hommes que les femmes. Il traite avec humour, sur un ton décalé et avec un style original, de sujets de la vie quotidienne qui vont de la politique au sens noble du terme à la culture au sens large, en passant par les voyages ou encore la mode. Olivier Carpentier en est le rédacteur en chef. Le périodique est un mensuel de 106 pages qui coûte 3.70€ et qui tire à 47925 exemplaires. Cette publication s’inspire de la version allemande du magazine éponyme qui tire, aujourd’hui, à plus de 240 000 exemplaires. Mon analyse va porter sur le site internet du magazine : clic, clic, clic.

Accessible en ligne depuis le 24 avril 2012, le portail « neonmag.fr » sert d’appui et de vitrine à la revue et conserve la même devise : « Soyons sérieux, restons allumés ». Il présente des vidéos et des photos inédites, les anciens articles du magazine ainsi que des liens qui renvoient vers le « Tumblr » ou le « Facebook » du magazine et qui permettent de créer, avec les lecteurs, un véritable partenariat éditorial et commercial. En juillet 2014, le site intègre le réseau de sites de « Meltygroup », un des principaux acteurs français de l’information sur internet, fondé en 2008 et va bénéficier, en outre, d’une plateforme technologique appelée « Shape », qui permet d’identifier en temps réel, les sujets qui intéressent les jeunes. Le site propose aux lecteurs les mêmes thèmes mais un support différent, une expérience complémentaire, une pratique plus interactive, plus enrichissante et plus conviviale.

« Connecte-toi »

Sur la page d’accueil du site, nous trouvons, en haut, un bandeau noir avec, à gauche, en caractères blancs et gras, le nombre de jeunes en ligne, en temps réel ; plus au centre, en plus fin, les liens vers Melty ou les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter ; à droite, deux consignes, « Connecte-toi », en rose et « Inscris-toi » en blanc. Le reste de la page est sobre et offre un fond neutre, gris clair avec des titres noirs. Sous le bandeau, à gauche, en réserve rose, le logo de « NEON », dans une police sans empattement ; plus à droite, les grands titres ;  à l’extrême droite, la barre de recherche interne. Juste en-dessous, se trouvent les sous-rubriques. Plus bas, au centre, défile un mini diaporama surmonté d’une accroche en caractères gras, qui donne les trois sujets qui font la une du moment.

La suite de la page est séparée en trois colonnes verticales :

– Celle de gauche se compose d’encadrés à fond blanc avec une photo dans la partie supérieure, un titre et les premières lignes de l’article écrites dans une police plus petite dans la partie inférieure. En bas, à gauche, la date de publication ; à droite, l’intitulé de la rubrique avec « À lire aussi », les titres des autres articles de la même catégorie, écrits en rose. Sur la photo, en haut à droite, le rectangle blanc affiche le nombre de commentaires laissés sur les réseaux sociaux.

– Celle du milieu est la plus courte. En haut, « Le top de l’Actualité » avec dans un encadré blanc, celle des dernières 48h, celle de la semaine et celle du mois et, en bas, le « Suivez-nous », avec huit icones-liens.

– Celle de droite est promotionnelle avec, de haut en bas, la couverture du dernier magazine puis « Les sujets au top », liens matérialisés par une image encadrée de blanc qui regroupent plusieurs articles, le nombre d’articles et celui d’abonnés. Les offres d’abonnement apparaissent à tous les niveaux de cette colonne.

Des publicités peuvent apparaître dans les colonnes. Tout en bas de la page, nous découvrons les logos des partenaires, ceux du réseau Meltygroup en particulier.

En résumé, la page d’accueil comporte une multitude de lignes de composition horizontales et verticales qui génèrent une certaine stabilité par la redondance de carrés et de rectangles.

« Vivre les choses pour les comprendre »

« Néon » multiplie les occasions d’être à l’affiche par son magazine, par son omniprésence sur les réseaux sociaux et par sa vitrine internet. Cette ubiquité permet désormais une véritable interface avec et entre les lecteurs. Les internautes peuvent donner leur opinion, partager leur avis ou en débattre. En cela, « neonmag.fr » bouscule les traditions et révolutionne les pratiques habituelles. Plus que d’autres, le site incite et provoque le lecteur à prendre part aux discussions et à faire valoir son opinion. Le site publie un grand nombre de témoignages. Il ne crée pas, en substance, l’information mais il la met en forme, en texte et en image de manière à ce qu’elle soit visible, accessible et incitative. Un journaliste de « NEON » est, toujours, partie prenante et, directement, concerné par ses articles. Il doit, personnellement, participer aux expériences. « On part du principe qu’il faut vivre les choses pour les comprendre », précise Olivier Carpentier, le rédacteur en chef.

« Neonmag.fr » fidélise son public par cette interactivité relationnelle poussée à l’extrême et par les nombreuses spécificités qui font son identité : le style d’écriture ; les titres chocs et provocateurs ; les sujets un peu racoleurs ; l’iconographie actuelle et abondante ; l’actualité chaude ou sujette à controverse ; ce qui étonne, bouscule, attire ou choque. Les articles sont souvent rédigés, à l’inverse du journalisme académique, selon le mode « gonzo » inventé par Bill Gardoso : une écriture ultra-subjective, un texte court qui relate un moment de vie, l’emploi de la première personne et une immersion totale avec le sujet.

Le culte de la différence

Les adeptes de « neonmag.fr » y trouvent de la distraction, des surprises, du dépaysement et des infos en rapport avec la vie d’aujourd’hui et la façon de vivre aujourd’hui. Ils veulent voir, savoir et comprendre ce qui concerne la drogue, l’alcool, les addictions en général, le sexe, l’argent, la mode, les voyages, l’avenir à travers la lorgnette de l’espoir, de l’optimisme et du dynamisme. Les sujets récurrents sont, chaque fois, traités d’une manière différente par un auteur différent avec un angle de vision différent et dans une perspective différente. « NEON » se distingue, en outre par son « énonciation ». Le sémioticien, E. Veron développe cette théorie, en 1985, en disant : « Le magazine entretient une stabilité du lectorat et un lien contractuel dans le temps ». Ce « contrat de lecture » comprend le type de contenu, le point de vue et le ton utilisé.

Une publicité apparaît plein écran, à l’ouverture de la page d’accueil et l’internaute doit patienter quelques secondes pour pouvoir « Accéder directement au site ». D’autres, fugaces et discrètes, apparaissent, dans les pages intérieures du site. Toutes financent la société et sont ciblées sur et pour le public de « NEON ».

 Un magazine pour passer à l’âge adulte

« NEON », le magazine, a contribué à mon émancipation car, pour la première fois, j’avais accès, directement, à des infos d’adultes et, délibérément, je piétinais les interdits. Je me sentais libre, libérée et fière d’avoir intégré, dans l’illégalité, la communauté des lecteurs de « NEON ». Très vite, je suis devenue « addict » à « neonmag.fr » pour toutes les qualités de la revue que le web a amplifiées, a développées et a multipliées : un ton libre, nouveau, décalé et politiquement incorrect ; des textes acérés, subtilement illustrés ; un style unique. « neonmag.fr », c’est aussi, le poids, le choc, l’homme moderne et la femme actuelle…

Laure-Hélène Swinnen

Laure-Hélène Swinnen est étudiante en deuxième année d’Information-Communication à l’UAPV. Globetrotteuse effrénée et passionnée de rythmes jamaïcains, elle souhaite travailler plus tard dans l’évènementiel. Vous pouvez la retrouver dans un festival de musique ou sur Twitter (clic, clic, clic).

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