Chère Océanerosemarie,

dans Fest. Avignon 2015

océane

Chère Océanerosemarie,

Je t’écris aujourd’hui pour te dire que je t’aime beaucoup. Tout comme le chocolat au lait Côte d’Or, la première saison de Buffy contre les vampires et Jon Hamm, tu es entrée dans mon cœur (on peut se dire tu j’espère ? C’est trop tard de toute façon).

Il y a quelques années, tu es venue au festival d’Avignon et tu m’avais déjà tapé dans l’œil : « ça alors ! » me suis-je écriée, « un prénom encore plus long que le mien ! ». Bien entendu je me doutais un peu que ça n’était pas vraiment tout ton prénom, c’était très long, tout attaché. Au moins mes parents ont pris la peine de mettre un tiret à un moment. Mais tout de même.

Et puis tu es revenue cette année, et tu promettais de parler de chatons sur l’affiche de ton spectacle. Mieux, de chatons violents. Tu penses si j’étais intriguée. Parce que je fais partie de ces gens qui prennent l’air super blasée quand on leur montre une vidéo de chat qui danse, chante ou jongle avant de la regarder seule 17 fois en mourant d’amour.

Loin de moi l’idée de raconter toute ma vie (même si vraiment, ce serait un plaisir, elle est si excitante) mais c’est en  croisant mon ami Patrick qui m’a promis les yeux dans les yeux que j’allais me rouler de joie en voyant ton spectacle, et devant le regard suppliant de ma cousine Agathe alors de passage à Avignon que je me suis dit que c’était le destin. Ou un truc dans le genre. Mais la dernière fois qu’on m’a dit que j’allais adorer un truc c’était le Cacolac et c’était vrai, et ma cousine Agathe peut elle même être aussi mignonne qu’un chaton.

Enfin tu vois le truc quoi.

Je n’aime pas trop trop la promiscuité d’habitude, mais bon, je me suis collée de bon cœur aux très nombreuses personnes dans la salle qui visiblement ont tous un ami Patrick et une cousine Agathe, parce que vraiment, on était plein, mais tu as du remarquer, tu étais là aussi.

Tu es entrée sur scène et tu as dit un truc qui m’a toujours tourmenté : pourquoi être en couple signifie passer des sms enflammés d’amour sur la vie et la passion, aux sms réclamant le rachat d’un paquet de rouleaux de PQ et d’un carnet de timbres ?

Comme ça, d’un coup j’étais captivée. Et puis tu as embrayé  sur les chats, Marseille, les gens de gauche qui ne sont pas racistes mais bon quand même, en ce moment… Les gens de gauche qui ne sont pas racistes qui déménagent à Montreuil et qui font pousser du bambou devant le mur rouge ou bleu de leur maison…

Et puis surtout, tu nous a affublé d’un petit surnom, avec une définition qui colle drôlement bien : les BBB (j’aurais pu insérer une petite blague légère sur les BB Brunes mais tu vois je me retiens). Les Bons Blancs Bobos c’est toi, moi, nous, enfin tous ces gens qui pensent bien et juste, rien qu’un poil hypocrites et un soupçon égoïstes. Les BBB qui effectuent régulièrement des replis communautaires pour dénoncer ceux des autres. Mais bon, heureusement, le dimanche en fin de journée, nous n’hésitons pas non plus à culpabiliser ce qui, en général, nous aide beaucoup à nous sentir mieux (puisqu’on culpabilise, c’est un truc que font seulement les gens bien évidemment).

C’était tellement bien écrit, si bien joué et surtout c’est intelligent. Ça n’est pas « juste » pour faire rire, c’est pour dire ce que tu as à dire et crois moi, ça faisait un petit moment que je n’avais pas réfléchi et ri en même temps (enfin si parfois, ok, quand je n’ai pas compris tout de suite une plaisanterie, mais ça ne compte pas).

Je suis sortie follement enthousiaste, même si mon t-shirt était entré en fusion avec ma peau et que je suis presque sûre qu’avoir une mèche de cheveux collé au front ne figure pas dans les looks les plus sexy de l’été, mais c’est pas ta faute, c’est la canicule.

Du coup j’ai dit merci à Patrick et j’ai donné une grande claque dans le dos d’Agathe qui elle même sautillait de joie. Je te jure, si t’avais pas parlé de ta femme pendant tout le spectacle,  on t’aurait tous attendu devant le théâtre pour te draguer (mais peut-être que ça aurait été un peu angoissant pour toi).

Du coup si tu reviens l’année prochaine (reviens l’année prochaine) c’est promis je reviendrai aussi et je me relèverai une seconde fois pour applaudir (même si ma jupe reste collée à ma fesse avec la sueur).

Je t’embrasse, toi et tes chatons.

Marie-Caroline Neuvillers

Chatons violents jusqu’au 26 juillet à 22h30 au théâtre des Béliers (clic, clic, clic)

Marie-Caroline Neuvillers prépare une thèse, et écrit des choses sérieuses le jour pour gagner sa vie honnêtement, puis le soir venu, écrit des choses avec du lol dedans sur le Festival d’Avignon. Elle passe donc son temps à faire semblant de se plaindre alors que dans la vraie vie elle adore les touristes et le mec qui distribue la Terrasse. Mais toujours pas les gens qui disent « en Avignon ».

A lire aussi

Les tambours de la vie

Au premier temps de la pièce, Adrien Lepage ne vit que pour une chose : la batterie. Il sourit. À

En lire + ...

« Avant que j’oublie », les liens qui nous lient

  C’est une jeune femme qui chaque dimanche va voir sa maman, C’est une maman qui est atteinte de

En lire + ...

Vernissage, ou les masques du quotidien

  Un soir, Véra et Michaël reçoivent leur ami Ferdinand pour inaugurer leur nouvelle décoration d’intérieur. Quoi de plus

En lire + ...

Laissez un commentaire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Mobile Sliding Menu