« L’homme marche et je le regarde marcher »

dans Fest. Avignon 2015

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En navigant dans les rues d’Avignon, peut-être qu’une affiche vous a marquée, interpellée, intriguée ? À tel point, qu’elle vous obsède, vous hante, jusqu’à que vous franchissiez enfin les portes du théâtre où elle se joue. Je ne sais pas pour vous, mais le visuel de « Marche » me touche, me renvoie à des souvenirs, des rêves, des craintes. Pourtant, elle n’a rien d’exceptionnel me direz-vous : « C’est un homme à l’horizon marchant sous le soleil quoi. Ouais un peu comme nous. » . Et bien justement, un peu comme vous, comme nous, comme moi, comme eux… Bon d’accord, peut être qu’il fait chaud et que quand on marche dans les rues d’Avignon à 14 heures et que l’on tombe sur cette affiche et bah, elle nous parle forcément.

Bref, finalement j’ai sauté le pas. Une fois dans la cour du musée Angladon, nous nous retrouvons dans un espace rond. Ici, la scène traditionnelle est exclue. Nous public – tel les chiffres d’un cadrant solaire – nous nous retrouvons face à face, autour d’un scène déstructurée, sous le ciel libre et éclairé par la lumière naturelle. Et quel bonheur !

Une pièce en plein air ? Vraiment ! Et les voitures, les gens et les cigales ? Des conditions peu propices à la concentration et au silence religieux du théâtre. Pourtant, pouvons nous parler de la rue sans jouer dans la rue ? La bande son et les voies des comédiens se mêlent au bruit ambiant de la rue de la manière la plus inattendue permettant paradoxalement une immersion totale dans le texte.

Ce texte poético-politique nous pose face à notre individualisme, à notre indifférence de l’autre. Écrit par un poète avignonnais Christian Petr, « Marche » nous questionne sur notre rapport à l’autre, à l’espace public et au sens de cette marche. Qui est cet homme qui marche ? Où va-t-il ? D’où vient-il ? Pourquoi marche-t-il silencieusement ? Depuis des années, il marche, seul « à côté de lui-même (…) le soleil vole ses espoirs, la société vole sa vie ». Cet homme n’a plus de paroles, il est silencieux et nous ne le remarquons pas, il a fini par faire partie du décor. Cet homme, c’est celui qui appartient à la rue, celui qui existe à travers elle. Quand son pas foule le pavé, ils ne le fait pas pour autre chose que de mettre un pas après l’autre. Et nous dans tous ça? Pourquoi marchons-nous ?Une pièce qui change notre regard sur le monde, sur la rue et ses habitants.

Géraldine Rauzada.

Marche jusqu’au 26 juillet à 19h00 dans la Cour du Musée Angaldon (clic, clic, clic)

Quelques mots sur l’auteur :

Géraldine Rauzada, alias Natacha, est en deuxième année de licence d’Information et Communication à l’Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse. Curieuse de tout et amoureuse du spectacle vivant, elle rejoint la SemioTeam pour le festival Off 2015 !

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